Aux  premiers abords, l’œuvre de Schubert ne se présente pas comme étant la plus attractive pour une adaptation mixant CGI, animation et live action, mais peut-être cette combinaison est-elle nécessaire pour apporter un éclat différent à une composition aussi célèbre que Le Voyage d’hiver.

Bavière, 1812. Un poète est banni de son village et passé à tabac sans un sou. Quand il revient à lui, il s’échappe à travers les bois et champs vers des montagnes enneigées où l’attend un destin incertain. Ce voyage est guidé par le fantôme de Thérèse, la jeune femme dont il est encore amoureux. Il est tourmenté par leurs souvenirs : leur rencontre printanière, comment il a fait de ce village son foyer, comment il a réconforté Thérèse après la mort de son père dans une guerre napoléonienne et comment elle l’a séduit en secret. Le poète doit survivre à cette traversée glaciale. Soutenu par un corbeau, son unique compagnon, il cherche le réconfort dans la beauté magique d’un paysage hivernal. Il arrive à saisir sa raison d’être dans le monde en tant qu’être incompris et en tant qu’artiste.

Il est vrai qu’en dehors de La Truite, multiplement référencée et parodiée au cinéma, j’étais loin d’imaginer que le plus gros succès du compositeur s’incarnerait dans un héros romantique voyageant avec un corbeau. Le projet est porté par la réalisatrice Alex Helfrecht, qui n’étant pas présente mais a tout de même fait part de sa passion et de son enthousiasme pour l’œuvre de Schubert via une vidéo. Le poète sera incarné par Gaspard Ulliel, avec un casting luxueux composé entre autres de John Malkovich, Gabrielle Moran et Charles Berling.

“La rotoscopie apportera un certain éclat et le soutien du célèbre baryton classique Andè Schuen comme de Deutsche Grammophon sont des labels de qualité pour cette composition épique” explique Juliette Schramek, directrice des opérations chez MK2.

Le résultat final pour  Le Voyage d’hiver sera la synthèse des talents de Mac Guff (déjà à l’oeuvre sur des projets d’hologrammes d’artistes morts pour des concerts holographiques en plus de leur activité dans les effets spéciaux dans le cinéma live et la télévision) pour ce qui est de la rotoscopie et de la 3D, mais aussi de l’expertise de la texture peinte pour BeakThru Films, le studio derrière l’exercice de style que fut La Passion Van Gogh et dont ce projet partage l’esthétique d’un cadrage en 4/3. Le producteur Jörg Tittel a confié vouloir apporter un maximum d’émotion et d’expressivité dans son travail avec les acteurs et actrices. Il a cité comme référence Pierre et le loup de Prokoviev.

Nous avons découvert un premier visage modélisé de Gaspard Ulliel impressionnant de réalisme mais sans yeux. Tittel a parlé d’éviter l’uncanny valley et ce sera sans nul doute via le mélange entre ce visage avec une performance filmée de l’acteur. Un cycle de marche très convaincant dans un décor enneigé a également été montré, prouvant l’efficacité d’une doublure numérique pour les plans large et très larges dans les futurs décors peints.

Le Voyage d’hiver, prévu pour 2022, sera accompagné d’un ciné-concert et de sorties exclusives portées par la Deutsche Grammophon. Même si mon idée du romantisme impliquant des corbeaux remonte à Evanescence, je suis curieuse de voir ce projet prendre forme, aussi bien dans son écriture que dans sa technique qui tend à sublimer l’œuvre de Schubert vers une modernité renouvelée.

MK2 possède les droits mondiaux pour cette co-production européenne rassemblant Allemagne, France, Belgique et Pologne.

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