Premier projet de long-métrage pour le Studio La Cachette et Julien Chheng, Mu Yi nous transporte du présent vers l’ancienne Chine par le biais d’un casque magique et d’une jeune fille en guerre contre les injustices du passé.

Le Studio La Cachette n’est pas étranger aux projets stylisés puisque la structure avait débuté en tant que collectif, créant une bande-annonce, Le Royaume, pour la bande-dessinée Kairos du co-fondateur Ulysse Malassagne, avant d’enchaîner avec les très beaux passages en 2D du long-métrage Mune, le gardien de la lune puis l’intégralité d’un épisode de l’anthologie Love Death and Robot. C’est leur capacité à créer ce style 2D très sensitif qui a poussé le réalisateur Genndy Tartakovsky à leur confier l’animation de sa dernière série Primal, une indiscutable réussite narrative et esthétique.

Julien Chheng (Ernest et Célestine – La collection) et Suyan Xu, autrice et poétesse ont créé cette histoire à la suite d’un voyage dans le village natal de Suyan où ils ont croisée une rangée de vieille dames assises dans une rue. L’idée était de se demander quelle vie elles avaient pu avoir dans le passé et ainsi aborder l’abandon des petites filles en Chine.

L’héroïne, Mu Yi, est une adolescente impétueuse et aventurière de notre époque qui souhaite profondément s’émanciper. Dans une de ses balades en forêt, elle va tomber sur le casque légendaire du Beau Général et le porter, devenant puissante et héroïque mais tombant aussi dans les vices cachés de ce dernier, dont elle va découvrir le passé. Ce couvre-chef va lui permettre de goûter aux privilèges de l’homme puissant.

On découvre aussi le personnage de la grand-mère qui va se révéler être un soutien pour Mu Yi dans sa quête héroïque, mais aussi un témoin de l’histoire passée du village. Sa relation avec la jeune guerrière va devenir essentielle dans la compréhension de sa nouvelle puissance et du passé lointain, origines même du casque.

Car le Beau Général était loyal à l’empereur mais celui-ci ne le lui rendait pas, n’hésitant pas à lui sacrifier son seul enfant. En miroir de Mu Yi, ce personnage interroge la masculinité au travers d’un certain narcissisme et de sa beauté, qu’elle soit réelle ou légendaire. La légende veut qu’il fut tellement beau qu’il déconcentrait ses propres soldats. Il erre à l’état de fantôme souhaitant retrouver son casque.

Erika Forzi, Julien Chheng et Gabrielle d’Andrimont lors du pitch de Cartoon Movie. Crédit photo : Studio La Cachette

Mu Yi et Le Beau Général sont des personnages qui permettent d’interroger le genre de par leurs attitudes et leur façon d’appréhender le monde à différentes époques. Enfin, Le Dieu Moche se présente comme l’élément comique de l’histoire, chevauchant son tigre végétarien.

Les influences du réalisateur Julien Chheng au niveau de l’animation sont les films du studio Ghibli Princesse Mononoké, Le voyage de Chihiro et Le conte de la Princesse Kaguya. Au niveau des scènes de combat, il ira chercher du côté du genre Wu Xia, et pour le cinéma contemporain la réalisatrice Naomi Kawase (La Forêt de Mogari, Les Délices de Tokyo) a été citée.

Le budget se monterait idéalement à 9 – 10 millions d’euros pour une durée de cent minutes, avec une production qui débuterait en 2021. Le projet recherche un distributeur. De ce qui nous a été montré et expliqué, j’espère que Mu Yi trouvera les partenaires dont la production a besoin, celui-ci ayant les qualités requises pour donner un beau long-métrage.

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