Critique – Budori, l’étrange voyage

Critique – Budori, l’étrange voyage

Moitié récit de vie, moitié aventure fantastique, Budori, l’étrange voyage suit les pérégrinations de Gusuko Budori, jeune homme qui perd sa famille durant un hiver particulièrement rigoureux et naviguant en parallèle dans un monde fantasmé où sa sœur aurait été kidnappé par un sinistre personnage.

Suite à une succession d’étranges phénomènes naturels, Budori le chat doit quitter sa forêt pour retrouver Neri, sa petite sœur mystérieusement disparue.

L’enchaînement des séquences, entre rêve et réalité, créé un décalage très appuyé qui fait se poser la question de ce que vit Gusuko. Cache-t-il son traumatisme de la mort de sa famille derrière ce personnage qui a kidnappé sa sœur, ou bien ce monde onirique et mystique est-il plus tangible, plus valide que sa perception de la réalité ?

La question ne trouve aucune réponse, laissant le spectateur décider de la finalité de la vie et des actes de Gusuko. Le mystère se dilue peu à peu dans le quotidien steampunk de cette réalité à l’esthétique très léchée, qui s’oppose à celle, très stylisée, du monde onirique.

La forme pose donc un certain nombre de questions sur les thématiques qui habitent le film. Le rythme, très lent, suit Budori dans l’évolution de sa vie. Il trouve un travail qui le relie intimement à son drame personnel, la mort étant reliée à la magie et à un symbolisme taoïste très appuyé.

Cet étrange voyage se perd donc quelque peu, se dilue entre ses deux univers et rend un peu difficile l’empathie pour son personnage principal. Malgré le mystère de la disparition de sa sœur, l’enjeu métaphorique finit par se diluer au cours des séquences. Ce qui est d’autant plus dommageable étant donné la technique impeccable dont le film fait preuve, de la qualité de l’animation traditionnelle à l’intégration des images de synthèse, le film est irréprochable.

En définitif, Budori, l’étrange voyage est un film à voir plus pour son esthétique que son histoire, aux tenants et aboutissants un peu trop faibles pour supporter la durée du métrage.

Nicolas

Éditorialiste et contributeur occasionnel. Amateur de toutes formes d’animations. Adore fureter sur l’internet avec sa lampe frontale pour dénicher des raretés animées. Écrit ses autres lubies et obsessions pop-culturelles sur Grawr.fr.


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