Les yétis ont visiblement le vent en poupe ! De tous les coins de la planète, les studios d’animation se prennent d’amour pour leur légende et développent de nouvelles histoires pour entretenir l’imaginaire du jeune public autour de cet animal mythique (ou bien cela a-t-il à voir avec la conquête du marché asiatique ?)

10e avenue Productions n’est pas en reste ! Cette société indépendante québécoise, à l’origine de La légende de Sarila (2012) et Le Coq de St-Victor (2014), longs-métrages tous deux primés, a réalisé et produit une aventure pour le moins rocambolesque de deux héros partis sur les traces du mystérieux yéti…

Synopsis : Québec, 1956. Les destins de Nelly Maloye, détective privée débutante et Simon Picard, assistant de recherche en sciences, se croisent accidentellement. Soutenus par un mécène ambitieux, ils se rendent au cœur de l’Himalaya aux côtés du sherpa Tensing afin de prouver l’existence du yéti, en comptant sur le journal de l’explorateur Madison.

Le film sort aujourd’hui en France grâce à Eurozoom, près de deux ans après sa sortie au Québec, et semble avoir rencontré un certain succès jusqu’ici puisque ses droits ont été vendus à une soixantaine de pays à l’international, et qu’il s’est vu récompenser du Golden Butterfly pour le meilleur film d’animation à l’occasion du festival iranien « International Film for Children and Youth of Isfahan » en 2018. Aux États-Unis, le film a été distribué en 2019 par Universal pour une sortie numérique et en DVD.

Mission Yéti

Ce soutien à l’animation québécoise indépendante est réjouissant. D’autant plus que sans avoir le budget des grands studios d’animation, les réalisateurs Nancy Florence Savard et Pierre Gréco ont réussi à produire un long-métrage d’honnête facture, amusant et aventureux, qui convoque à la fois l’imaginaire du jeune public comme celui des grands (surtout si ces derniers ont vu le film live Everest de Baltasar Kormákur en 2015).

Si l’animation un peu trop raide de Frima Studios ne retient pas spécifiquement l’attention, le film sert par contre des paysages et ambiances lumineuses agréables à l’œil, une fois passé le premier chapitre du film un peu sombre et monotone. Les textures aident également à l’immersion visuelle, et toute la seconde partie du film qui se déroule dans les montagnes témoigne d’un certain savoir savoir-faire.

Malheureusement, le scénario ne suit pas l’ambition du film : sa temporalité n’est pas toujours claire, sa trame classique, et on ressent à plusieurs moments des flottements qui laissent mal-à-l’aise. On regrette également que l’histoire de certains protagonistes, par exemple le guide Tensing, ne soit pas davantage explorée. Les running gags humoristiques auraient pu être mieux dosés au profit d’un peu plus d’émotion.

Mission Yéti

Pour autant, le film propose une galerie de personnages diversifiés qui font sa force. Là où les personnages secondaires correspondent certes davantage aux stéréotypes (qui de l’ennemi qui met des bâtons dans les roues des héros, qui du boss rabat-joie qui ne croit pas en son élève), les deux personnages principaux Nelly et Simon répondent quant à eux d’un profil plus original. Nelly, notamment, est celle qui motive et provoque l’action, donnant à voir une héroïne leadeuse et débrouillarde.

Enfin, autre bon point : la réflexion sur l’exploitation animale qui résulte de l’avidité des êtres humains à contrôler tout ce qu’ils découvrent. Les deux aventuriers, au départ animés par la quête de reconnaissance et de gloire, abandonnent finalement leur projet en faveur du devenir de la tribu de yétis qu’ils découvrent. De quoi alimenter avec les plus jeunes une discussion à l’heure où l’écologie et le futur des espèces animales n’a jamais autant pesé sur nos épaules.

Retrouvez le film en salles dès le 29 janvier.

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