Critique – Oscar et le Monde des Chats


Après Tea Pets, découvert au dernier festival d’Annecy, Gary Wang revient cette fois-ci avec une histoire féline pleine d’aventures avec Oscar et le monde des chats. Le film bénéficiera par ailleurs d’une sortie française le 12 décembre prochain grâce au distributeur KMBO. De mon côté, pour faire suite au nippon Rudolph The Black Cat en 2017, j’explore pour vous cette année la félinité du point de vue de l’animation chinoise.

Oscar est un chaton qui vit paisiblement avec son père Léon, un gros chat d’appartement. Rêveur, il croit en l’existence de Catstopia, un monde merveilleux où vivent les chats. Il décide un jour de partir à l’aventure !

Dès les premières minutes, le film ne ménage pas les sentiments du spectateur en dévoilant la disparition hivernale et tragique de Cape, le père spirituel de Léon, lui-même ayant été sauvé par sa maîtresse, une jeune femme active et célibataire (un archétype assez peu présent dans les films chinois, une jolie touche de modernité).

Cette blessure profonde nous explique l’embonpoint pris par ce chat bleu devenu peureux et sédentaire. C’est l’arrivée du jeune Oscar et de Tante Mack, un perroquet mature et grande gueule, qui va changer la donne et ainsi les pousser vers la recherche de Peachtopia, une terre où tous les chats vivent heureux.

Autant ce long-métrage prend le temps d’installer la relation filiale entre Oscar et Léon tout en incluant Tante Mack comme figure maternelle autoritaire, autant une fois que l’aventure démarre, tout va très vite. Cette petite famille recomposée passe d’un décor à l’autre avec un enchaînement de course-poursuites assez redondantes, parfois fatigantes malgré des paysages recherchés et intéressants. Oscar se lance avec la détermination d’un Tom Cruise à la recherche du MacGuffin ultime à un tel point qu’on a envie de lui dire : “Pose-toi gamin, respire, tu vas y arriver !”

Dans leur périple vers Catstopia, ils vont croiser le chemin d’un vieil artiste obsédé par la reproduction parfaite de la nature et de ses animaux. Cette utilisation du trope de l’artiste comme antagoniste subvertit les attentes typiquement mainsteam vis-à-vis de ce type de personnages, en effet, on a l’habitude que la créativité soit porteuse d’espoir et de bonnes nouvelles. On peut citer Dean McCoppin dans le Géant de fer, Raiponce peignant les murs de sa prison dorée ou même Chantecler, le chanteur rockabilly de Rock-O-Rico. Il faut se tourner vers l’animation adulte pour trouver des antagonistes talentueux, comme dans Rock and Rule…

L’esthétique et l’animation 3D sont d’un niveau tout à fait honorable avec une belle recherche dans le character design de la population féline. On y retrouve une diversité de silhouettes au travers des amis du ténébreux Cape. Ils sont pourvus d’une personnalité propre, ce qui transparaît dans leur pelage parfois ébouriffé et sale, les rendant assez agréable à suivre. On remarque même que les chattes possèdent des traits féminins mais sans tomber dans l’excès, ceci étant en corrélation avec le mode de vie frugal de Cape.

Cet univers se développe aussi grâce à des décors originaux et diversifiés baignés dans une lumière diverse, avec un effet notable sur la couleur des chats. On assiste à une course-poursuite très esthétisante et complètements barrée, au travers de tissus des toges de moines, et le repaire de l’artiste se révèle dans son contraste de verre et de nature.

Oscar et le monde des chats se définit par sa fuite en avant porteuse d’espoir avec son jeune et dynamique héros, ce qui fait de lui un divertissement familial honnête, à découvrir sans attendre lors de sa sortie.



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