Critique – Tom et Jerry
Critique – Tom et Jerry

Critique – Tom et Jerry

Trente ans après le film d’animation de Phil Roman, Tom et Jerry, personnages iconiques créés par le binôme Hanna Barbera en 1940 reviennent au cinéma dirigé par Tim Story (Les 4 Fantastiques, Mise à l’épreuve) pour une course poursuite effrénée à l’aune du mix média.

Lorsque Jerry s’installe dans le plus bel hôtel de New York la veille du mariage du siècle, Kayla, la wedding planneuse, n’a d’autre choix que d’embaucher Tom pour se débarrasser de l’intrus. Mais la course-poursuite qui s’engage entre le chat et la souris risque de réduire à néant la carrière de la jeune femme, gâcher la fête et détruire l’hôtel ! Pourtant, quand un employé dévoré d’ambition commence à s’en prendre à Tom, Jerry et la wedding planneuse, c’est un bien plus grand danger qui les menace…

Depuis leurs lointains débuts, l’essence même des cartoon Tom et Jerry se concentre dans cette frénésie de courses poursuites ponctuées de gags les plus loufoques les uns que les autres, et en soi quelque chose de difficile à synthétiser dans un long métrage. Afin de concentrer les effets dévastateurs de ces deux tornades ambulantes, l’intrigue de ce nouveau film se déroule majoritairement dans un lieu unique : l’hôtel de luxe où se déroulera le mariage très attendu de Preeta (Pallavi Sharda) et Ben (Colin Jost).

Cette mise en place à la fois théâtrale et désuète permet aux acteurs.ices d’extérioriser un jeu très vaudeville, à la hauteur de leur entourage composé d’animaux cartoon, et d’y apporter une modernité jugée nécessaire à notre époque. Kayla, l’héroïne interprétée par Chloë Moretz, pas très à l’aise avec le monde du travail se retrouve à user de roublardise pour garder son tout nouveau job. On sent que l’actrice prend plaisir à jouer à cette partie du chat et la souris mais aussi à se confronter à  Terence, joué par un Michael Pena sortant ses grands regards suspicieux et ses remarques cinglantes de manager. Ken Jeong donne tout dans sa prestation de chef cuisinier angoissé et survolté et enfin Patsy Ferran créée la la surprise dans son rôle d’employée bizarre toujours là où on l’on ne l’attend pas.

Tom et Jerry respecte l’aspect muet de la relation chaotique entre ses deux héros en se reposant sur une galerie de personnages haut en couleurs pour insérer une dynamique et un répondant des dialogues plus conventionnel. On y croise aussi des pigeons narrateurs, une bande de chats loubards voulant la peau de Tom et les éléphants Cecil et Malcolm pour la touche bollywoodienne du mariage. Cette profusion continue de personnages animés et humains apportent de la vie et des imprévus à l’infinie course poursuite entre Tom et Jerry, ce qui est très appréciable et correspond tout autant au coté remuant associé à New York mais aussi à instaurer des pauses dans le déluge d’action qui accompagne le binôme.

Hélas, la résolution autour du mariage grandiose peine à se conclure car on a du mal à s’attacher à nos deux tourtereaux. L’amitié naissante et très mignonne entre Kayla et Preeta se fait vite balayer par la lourdeur des blagues de Ben, le futur marié. Colin Jost a beau sortir ses gammes de brute comique, il est au bout d’un moment nécessaire que toutes ses gesticulations s’arrêtent une bonne fois pour toute. Le golf de salon, les drones…le personnage de Ben est pour le moins doté d’un humour très Brico Dépôt avec le poids d’une caisse à outils, ce qui se répercute hélas sur la durée du film, qui aurait pu perdre un bon quart d’heure sans en souffrir.

La musique se retrouve en accord avec cette cohabitation constante entre ancien et moderne : on alterne avec légèreté entre du classique Ray Charles et le flow d’Anderson Paak (Les Trolls 2 Tournée Mondiale), épousant à loisir les deux tonalités de l’intrigue. Pour rester dans l’esthétique old school liée à l’univers de l’hôtellerie, la photographie habille le film d’une lumière claire et nette dans le but d’intégrer Tom et Jerry dans leurs courses à travers les décors. Le studio Framestore (Wonder Woman 84, His House) a fourni un travail impressionnant dans l’émulation des personnages en 3D avec un rendu 2D évoquant le dessin traditionnel. Leurs interactions avec la pluie et les aliments (la pièce montée du mariage) sont pour le moins bluffantes.

Tom et Jerry arrive à jongler avec tous ses concepts du cartoon à la gestion d’un comique de live action et à maintenir le cap sur la trajectoire de Kayla. On aurait pu craindre le pire mais cette proposition de mix média arrive à apporter ce qu’il faut en divertissement comique et permet de faire une parenthèse nécessaire au climat actuel. Comprenons-nous : Tom et Jerry n’est pas le film de l’année, mais certainement le meilleur film de studio familial symbolisant le retour dans les salles, comme le fut Scooby! l’été dernier. Profitez-en en famille ou entre amis dès le 19 mai à la réouverture des salles !

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