Critique – Un monstre à Paris

Critique – Un monstre à Paris

Avec Un monstre à Paris, Bibo Bergeron (Gang de requins, La Route d’Eldorado) réalise son premier film français. Il a été mis en chantier au studio niçois Bibo, dont il est le PDG, fin 2006 et présente un casting vocal impressionnant. La promotion a d’ailleurs été assurée autour d’une séquence musicale du film, le clip La Seine, utilisée comme bande-annonce. Le synopsis est le suivant :

Dans le Paris inondé de 1910, un monstre sème la panique. Traqué sans relâche par le redoutable préfet Maynott, il demeure introuvable… Et si la meilleure cachette était sous les feux de « L’Oiseau Rare », un cabaret où chante Lucille, la star de Montmartre au caractère bien trempé ?

Si le synopsis met en avant Lucille et le préfet, les premières scènes du film se déroulent sans eux. Cette longue introduction présente Emile et Maud, employés de cinéma, et Raoul, livreur et inventeur à ses heures perdues. Pas de trace de monstre ni de chanson. On se demande où le film va, on a du mal à entrer dans l’histoire. Ce n’est que quand, enfin, Lucille chante (en solo) La Seine et que l’on suit les événements menant directement à l’apparition du monstre, que l’on plonge dans le récit.

Alors tout s’enchaîne, et le spectateur trouvera son bonheur entre action, humour et émotion. Dommage cependant que la bande originale qui fait tant rêver soit si peu présente dans le film. En dehors des multiples versions de La Seine, on n’entend que deux morceaux supplémentaires. Un peu maigre quand on a surtout été attiré par la musique… Mais leur rareté n’enlève rien à leur qualité ! A contrario, les personnages ne sortent pas de leur carcan et sont peut être trop nombreux. Le singe tire son épingle du lot, à mon sens.

Si la 3D n’a pas d’utilité particulière, l’animation est honorable. Les humains ont un air pixarien à l’image des Indestructibles, et les rues parisiennes sont pleines de charme. C’est le rythme du film qui pèche, trop lent et décousu au début, un petit air de bâclé pour la situation finale. A noter que le clap final n’en est pas un, puisqu’une scène supplémentaire se cache au milieu du générique de fin. Éric Bergeron souhaite que son studio devienne « une référence dans la production de film d’animation » et c’est tout que ce que je lui souhaite. En définitive, Un monstre à Paris est un film charmant, mais qui prend son temps.



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