Quelques jours ne sont pas de trop pour assimiler la vision de Wonderland, le royaume sans pluie, dernier long-métrage de Keiichi Hara (Miss Hokusaï). Bien qu’ayant déjà touché au fantastique via des œuvres comme Colorful ou Un été avec Coo, le réalisateur nippon estime que ce dernier né est son premier film complètement fantastique, ce qui n’est guère étonnant pour un artiste dont la capacité à capter le quotidien a toujours été l’une de ses grandes forces.

keiichi Hara
Keiichi Hara, réalisateur de Wonderland, le royaume sans pluie

Il y a des séquences très émotionnelles dans Wonderland, le royaume sans pluie. Avez-vous beaucoup de travail à adapter le livre original de Sachiko Kashiwaba ?

Keiichi Hara : Alors oui, en effet, il y avait une oeuvre originale, mais je ne l’ai hélas pas trouvée très intéressante. J’ai donc tout changé, ce que les producteurs ont accepté, même si leur volonté de départ était que je respecte l’histoire sur laquelle Wonderland, le royaume sans pluie est basée. On peut donc dire à cet titre que le film est complètement original.

Pour moi, qui ne suis pas habitué au genre fantastique, j’ai compris que ce genre permettait une grande liberté créative, et donc même si j’étais un peu inquiet car ce n’était pas mon domaine de prédilection, je l’ai réalisé avec tout de même beaucoup de liberté.

Comment avez-vous travaillé cette figure de l’héroïne ? Dans Miss Hokusaï, on retrouvait un côté non-conventionnel qui est à nouveau présent ici avec Akané.

KH : Bien sûr, j’aime beaucoup décrire ce type de personnage et en même temps, je les aime très banals, ce qui leur permet d’évoluer pendant le cours de l’histoire.

Une certaine mélancolie traverse Chii et Akané, les deux personnages principaux, chacun à leur façon. Était-ce un choix de traiter les héroïnes du film avec ce type de détachement ?

KH : J’éprouve une certaine mélancolie à l’égard du monde actuel, ce qui se ressent à travers le film, et je veux également que le public puisse accepter la réalité telle qu’est, et j’espère que chacun pourra l’appréhender en tant que telle.

Comment s’est passé votre collaboration avec l’artiste Ilya Kuvshinov ?

KH : Le fait qu’il soit russe a permis de reconstituer une atmosphère qui évoque l’Europe de l’est, différente des autres ambiances européennes que l’on peut voir dans ce type de film.

La direction artistique du film tranche avec les autres films du genre

A l’issue de la séance, beaucoup de conversations ont tournés autour du montage du film, ce qui personnellement ne m’a pas dérangé, car j’aime que le public puisse se faire son chemin dans l’histoire. Était-ce une volonté de votre part ?

KH : Exactement. Pour moi, le cinéma doit stimuler l’imagination de chaque spectateur, et je trouve que les films fait actuellement expliquent beaucoup trop leur contenu. Chaque spectateur se doit de nourrir son imagination.

Comptez-vous retravailler sur une oeuvre fantastique à l’avenir, ou allez-vous retourner à un univers plus teinté de réalisme ?

KH : De manière générale, je préfère les histoire beaucoup plus réalistes, plus ancrées dans notre quotidien, mais après cette expérience que fut Wonderland, le royaume sans pluie et ça m’a donné envie de, pourquoi pas, retenter l’expérience, bien que je n’ai pas pour le moment d’idée très concrète à ce sujet.

Merci pour ces quelques questions ! 

Tous mes remerciements à Emmanuelle Verniquet de Games of Com et Shoko Takahashi pour la traduction de l’entretien avec M. Hara. 

 

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