La Saint Valentin approche et parmi tous les animés sortis cet hiver, il y en a un qui a ravi mon cœur depuis le premier épisode. J’ai donc envie de vous inviter à découvrir Keep Your Hands Off Eizouken ! ( Eizōken Ni wa Te o Dasu na! ) qui est actuellement diffusé en simulcast sur Crunchyroll.

L’adaptation du manga éponyme de Sumito Owara sur la chaîne NHK General TV au Japon avait éveillé ma curiosité avec la diffusion de cette bande annonce :

L’œil accroché par le nom de Masaaki Yuasa (Lou et l’ïle aux sirènes, Devilman Crybaby, The Tatami Galaxy) et le studio Science Saru d’une part, j’avais été séduite par des visuels frais, et par ce personnage qui semble entrer dans un dessin d’hélicoptère insectoïde crayonné pour le faire décoller (wait what?) afin de partir à l’aventure dans un vaste ciel.

Je pense que nous serons d’accord : ce trailer suscite tout notre intérêt. Et je vous assure que cette curiosité sera récompensée si vous faites plus ample connaissance avec cet animé, wink wink.

De drôles de damoiselles pas en détresse

Dans Keep your hands off Eizouken ! on suit la naissance puis les tribulations du Club de Recherche Vidéo (Eizouken), formé par trois jeunes filles qui sortent de l’ordinaire et qui brûlent d’envie de réaliser un dessin animé.

On les découvre dans un opening ultra genki qui pose la folie douce de ce trio extraordinaire sur le titre “Easy Breezy” de chelmico, un duo de rap féminin. Je vous invite à les découvrir ici, c’est déjà un régal.

Je vais vous les présenter plus précisément :

Keep Your Hands Off Eizouken !Midori Asakusa entre juste au lycée. Elle adore l’animation depuis l’enfance et remplit son carnet de dessin de croquis de son environnement et des concepts de véhicules, de bâtiments ou de technologies diverses et variées. Son imagination débordante et sa capacité à matérialiser ses inventions sur le papier fascine sa camarade Sayaka Kanamori. Celle-ci n’est pas douée pour le dessin, ni passionnée d’animation, mais elle identifie rapidement le génie d’Asakusa.

Sa vision pragmatique et organisée en fait la productrice en herbe idéale pour gérer le club et aider tout le monde à garder les pieds sur terre. Car le troisième membre du club, Tsubame Mizusaki, est aussi une artiste avec la tête dans les étoiles : c’est même une star ! Mannequin à succès, parents dans le show-business, elle est aussi passionnée d’animation ce qui lui permet de sympathiser rapidement avec Asakusa. Bien que ses parents n’y soient pas favorables, elle dessine des personnages dans son carnet avec l’envie de les animer au plus près de la réalité.

Je vous entends soupirer « Encore une comédie school life et des cute girls doing cute things ! ». Et bien je vous arrête, oui c’est une comédie scolaire bien menée mais nos trois héroïnes sortent des clichés kawaï et quand elles passent à l’action, ce n’est pas vraiment girly ! Cet aspect est appuyé par des character design et des seiyuu (doubleuses) qui donnent beaucoup de relief et d’intensité à ce trio.

Ces lycéennes ont de l’ambition, elles sont douées, chacune dans son domaine de prédilection, et n’ont pas peur de relever leurs manches pour travailler dur. Elles coopèrent en se tirant mutuellement vers le haut, en étant à l’écoute les unes et autres, y compris lorsqu’il faut faire des compromis. Aucune intrigue romantique en vue pour l’instant, l’accent est plutôt mis sur la sororité : la narration se concentre sur elles, la richesse de leur imaginaire, leur capacité à mobiliser leurs ressources propres et à atteindre leurs rêves ensemble.

La rencontre de l’univers foisonnant d’Asakusa, des personnages plein de vie de Mizusaki et de la gestion de projet de Kanamori permettra au club d’émerger et de faire ses premières armes.

En effet, à l’heure où je vous écris, seuls 4 épisodes sont sortis (1 par semaine depuis début janvier sur 12 annoncés pour cette première saison).

Dès le premier épisode j’ai été sous le charme. J’ai attendu le premier tiers pour voir si la magie se maintenait et c’est bien le cas. Mon cœur s’emballe chaque semaine à l’idée de retrouver le Club de Recherche Vidéo. J’ai tous les symptômes du coup de foudre. C’est grave, docteur ?

Animation, mon amour

Vous l’aurez compris, le fanservice ne s’exerce pas à propos des personnages féminins de Keep Your Hands Off Eizouken ! Et pourtant il y a bien du fan service qui fera palpiter votre cœur : si vous êtes obsédé par l’animation, vous allez être comblé : l’objet de votre passion y sera dévoilée, décortiquée, mise à nue mais toujours avec beaucoup de sensibilité.

Le manga de Sumito Owara est une véritable déclaration d’amour au Dessin Animé et à ceux qui s’y consacrent. Le mangaka signe d’ailleurs l’animation de l’ending qui respire le plaisir de s’amuser à animer en amateur sincère.

Dans l’anime, en suivant le parcours du club, vous allez voir à l’œuvre des techniques, du matériel, des logiciels mais aussi de l’imagination, beaucoup d’exigence et une énorme force de travail. Car c’est un travail titanesque de créer un dessin animé. Des dessinateurs doués et inspirés ne suffisent pas pour mener un tel chantier à bien. Il faut de la rigueur pour ne pas s’égarer trop loin dans la créativité, faire des choix artistiques astucieux en termes de réalisation et de montage. Tout cette complexité est explorée dans la joie et la bonne humeur avec le Club de Recherche Vidéo : l’enthousiasme créatif d’Asakusa et Mizusaki est contagieux mais leurs débordements artistiques permanents sont cadrés par l’humour délicieusement teinté de cynisme et d’ironie de Kanamori, dont le sens des réalités est grandement nécessaire.

Et leurs efforts paient : par petites touches d’abord l’animation prend pied dans le monde réel quand sur une fenêtre éclairée par le soleil, le dessin d’un personnage se superpose à celui d’un décor. Et puis l’inspiration s’emballe quand on parcourt un carnet de croquis, et le monde qui sommeillait dans l’esprit d’une artiste prend vie comme une vague qui s’empare du décor environnant pour le transformer, le magnifier. Et soudain cette vague nous emporte : le spectateur est projeté dans ce monde imaginaire, pris par la main par un personnage dont on découvrait les crayonnés quelques minutes auparavant et qu’un artiste a amené à la vie par son travail minutieux et patient d’artisan et d’illusionniste.

Pour vous faire une idée, vous pouvez jeter un œil à ce second trailer qui donne une bonne idée des délicieux moments qui vous attendent : 

Si vous aviez l’envie d’écrire une lettre d’amour enflammée, peut-être chercheriez-vous un poète capable de transcrire votre émotion avec fidélité et peut-être avec le grain de folie qui fait la différence ? Et vous auriez raison ! Ici, il fallait bien le talent de réalisateur de Masaaki Yuasa et du studio Saru pour donner à voir, avec tant de grâce, comment opère la magie de l’animation. Chaque épisode propose un moment où l’imaginaire des héroïnes prend forme dans une séquence d’animation qui envahit le réel ou dans laquelle les héroïnes partent à l’aventure. On les verra explorer un paysage, tester leurs inventions, corriger leurs erreurs de conception. On s’amusera avec elles des illusions derrière une astuce de réalisation, de montage, de mise en scène pour mieux se l’approprier intelligemment. C’est aussi l’occasion de rendre hommage à de grands maîtres comme Hayao Miyazaki en citant Conan fils du futur ou via des clins d’œil que je vous laisser le plaisir de découvrir.

Yuasa sait orchestrer le débordement de l’imaginaire dans le réel. Vous pouvez par exemple voir ou revoir le sublime The Night is short Walk on Girl, récemment arrivé sur Netflix, pour vous en convaincre. Dans Keep Your Hands Off Eizouken !, ces moments-là sont délicieux, ciselés de poésie, d’humour, d’amour du travail bien fait.

Keep Your Hands Off Eizouken !

Petite mention spéciale pour les bruitages à la bouche, interprétés avec conviction par les membres du club, très DIY, qui renforcent l’immersion dans l’intimité de la création : n’hésitez pas à écouter attentivement cet extrait de l’épisode 2 qui vous ravira les yeux et les oreilles. 

To be continued

Vous l’avez compris, je suis plus que séduite par Keep Your Hands Off Eizouken ! qui est un bijou au sein de cette saison hivernale mais qui a aussi le potentiel pour marquer les esprits au-delà.

Pour la suite, j’espère que l’animé va explorer plus en profondeur l’univers d’anticipation (l’action se situe en 2050) dans lequel s’inscrit le club car les indices qui nous sont donnés titillent ma curiosité : le lycée est un assemblage improbable de bâtiments disparates qui appelle l’exploration, tandis qu’on note pas mal de diversité parmi les élèves et que le décor laisse apparaître des inscriptions en japonais mais aussi en anglais et en espagnol. Autant de pistes qui laissent imaginer un Japon plus ouvert sur l’étranger qu’on a envie de découvrir !

Keep Your Hands Off Eizouken !

 

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