Etudiant des Gobelins à peine diplômé cette année, Arthur Chaumay, qui a pu profiter d’un échange avec CalArts l’année dernière, nous a fait parvenir son court métrage de fin d’études. Titré J’attends La Nuit, ce dernier relate un rendez-vous aux aboutissements incertains, et dont l’esthétique installe une ambiance tour à tour tendue et apaisante.

Une discussion entre deux garçons sur les berges d’un lac isolé force l’un d’entre eux à affronter ses propres démons.

Avec une fin aux indices invitant à l’interprétation personnelle, qui peut diverger selon le spectatorat, c’est surtout la manière dont le film amène ses évocations thématiques par l’usage de la lumière, du cadrage et des décors, sans pour autant délaisser l’animation et le montage qui nourrissent l’ambiguïté des images présentées, tel le choix de la banlieue et d’une zone périrubaine comme toile de fond, le côté premier rendez-vous amoureux, dont les ramifications en terme d’observation sociétale rejoignent d’autres courts des Gobelins de cette année.

L’esthétique générale des décors de J’attends La Nuit m’a immédiatement évoqué l’épure et la stylisation telle qu’elle est pratiquée dans les beaux projets de chez Chromosphere, ce qui n’est pas innocent puisqu’Arthur avait pu travailler dans ce studio en tant que freelance en été 2017, notamment sur la future série Carmen Sandiego.

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J’ai profité de sa disponibilité pour poser quelques questions au réalisateur.

À propos des logiciels employés pour l’animation du court :

« En ce qui concerne les logiciels utilisés, j’ai animé sur TVPaint, bien que Flash aurait été plus approprié. Étant donné que je ne connaissais pas le logiciel suffisamment pour tenir mes délais, je me suis tourné vers TVPaint, que je maîtrisais mieux. J’ai donc fait du Flash dans TVPaint. La post-prod a été entièrement réalisée dans After Effects. »

À propos de sa réflexion quant à la mise en scène et ses intentions esthétiques :

« J’ai écrit le film sur une période allant d’août à novembre 2017. L’animatique était déjà plus ou moins verrouillée une fois que je suis arrivé à CalArts. Mon échange de 6 mois à l’école m’a en effet permis de prendre du recul par rapport à mon film. J’ai pu recevoir des retours très constructifs de la part de mes enseignants là-bas, et changer quelques détails que je pouvais me permettre d’ajuster même en étant en pleine production. Là où CalArts m’a surtout été très utile, c’est dans l’animation pure.

Je voulais conserver un style graphique assumé tout en ne me limitant pas à m’emprisonner dans du puppet, qui aurait rendu le film très pauvre en terme de mouvement. Mes intervenants en animation m’ont donc énormément aidé à trouver un juste équilibre entre organique et simplicité des formes. »

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