De retour après l’article sur Madagascar 3, je me suis intéressé à cette montée en puissance des nouvelles séries animées télévisées produites sous la houlette de la souris, avec en tout premier lieu Tron Uprising, autant destinée à tester la fiabilité d’une propriété intellectuelle récemment mise à jour qu’à exploiter le potentiel de l’univers sous un nouveau format, ce qui dans un futur proche permettrait à un éventuel Tron 3 d’arriver dans les salles obscures !

Programmée sur Disney XD et produite par la maison mère, Tron Uprising était tout d’abord destinée à un format de diffusion moins classique, par internet, sous la forme de pastilles de deux minutes formant bout à bout une histoire complète.

Après un accueil en interne très positif, la série a été de suite promue sur le petit écran, faisant de cette première tentative le pilote de la série tout comme son manifeste sur le plan esthétique comme celui de la réalisation.

Poursuivant sa stratégie d’étendre cette propriété intellectuelle avec succès après l’accueil mitigé de la suite du classique deSteven Lisberger, le pilote de Tron Uprising a été gratuitement dévoilé sur Itunes et Youtube une semaine avant sa diffusion télévisuelle afin de permettre à chacun de se faire un avis sur ce nouvel effort de promouvoir un univers qui ne laisse pas indifférent.

Après ce galop d’essai, la série est actuellement programmée depuis le 18 mai sur le réseau des chaînes Disney avec comme premier emplacement les jeudis avant les multiples rediffusions avec d’autres séries stars comme Phineas & Ferb et la prometteuse Motorcity (dont je parlerais la prochaine fois).

Un univers repris en  main par quelques noms déjà connus, comme Joseph Trapenese, coordinateur de la musique sur Tron Legacy avec les Daft Punk, ici seul aux commandes, ou encore une supervision de l’histoire par Edward Kitsis et Adam Horowitz. Les scénaristes de la suite peuvent ici prolonger et enrichir un travail sur la Grille qui n’avait été que trop peu mis en avant sur le film de Joseph Kosinski.

S’ajoute une équipe créative de premier ordre avec en tête le réalisateur Charlie Bean (Le laboratoire de Dexter, Samurai Jack) secondé par Robert Valley, dessinateur de talent en charge du character-design des protagonistes, entre réalisme des traits et une épure qui rappelle la virtualité du monde de la Grille. Feu le talentueux directeur technique Pete Kranjcevich a également apporté sa vision et il est à espérer que le show ne pâtira pas de sa regrettée disparition.

Les véhicules, bien plus nombreux et diversifiés, sont à la charge de Daniel Simon et les noms qui composent le reste de l’équipe parlent d’eux-mêmes : Alberto Mielgo, Neil Campbell Ross, Craig Mullins, Joon Ahn, Vaughan Ling, Robh Ruppel, Joseph Holt, Joe Feinsilver, Darren Bacon ou encore Annis Naeem. En tant qu’amateur d’animation ou de graphisme vous connaissez certains d’entre eux et en découvrez d’autres, mais souvenez-vous en car vous n’avez pas fini d’entendre parler d’eux.

Le principal défi visuel de la série est d’instaurer un design de transition, entre l’ancien Tron et sa suite, plus lisse, plus léchée, en accordant courbes et formes plus anguleuses du passé, difficulté passée haut la main vu la somme de talents présents.

La partie technique est donc largement au niveau avec un mélange très réussi entre images de synthèse et animation traditionnelle, issue d’une coopération entre des équipes d’animation américaines et japonaises, mais qu’en est-il de l’histoire ?

Elle se déroule donc entre les deux long-métrages, alors même que Kevin Flynn ait été renversé par son alter-ego numérique Clu et que le programme chargé de faire régner l’ordre, Tron, est porté disparu, présumé mort. Le lieu de l’intrigue, Argon, est une citée reculée de la Grille et voit arriver sur son sol les forces d’occupation de Clu, dirigées par le Général Tessler.

Beck, jeune mécanicien, sera le seul à se rebeller et à non seulement attirer l’attention des sbires de Tessler, mais également celle d’un programme renégat, Rinzler, sous lequel se cache le vrai Tron, survivant de sa rixe avec Clu. Mais celui-ci est en très mauvaise condition et cherche un successeur pour poursuivre le combat pour la liberté de la Grille.

Le postulat de départ est donc simple, mais repose sur une galerie de personnages qui n’obéissent pas aux diktats gentils/méchants clairement identifiables. De plus, avec une diffusion sur Disney XD, la série peut se permettre d’être plus intense et cruelle avec ses personnages.

Ainsi, outre les morts qui parsèment les premiers épisodes déjà diffusés, le combat de Beck, déjà très inégal, semble perdu d’avance et les sentiments de ses propres amis envers un renégat qui provoque un durcissement de la mainmise du général sur la population, pas très positifs.

Cet ajout d’une dose de drame rend la posture des personnages plus fluctuante et donne du piment à leurs rapports, ce qui permettra sans douter de faire basculer les forces en présence dans l’histoire, sans parler des possibles apparitions de personnages du film, tel que Quorra ou Flynn.

Enfin, pour ne pas gâter tout ça, la réalisation de la série est en béton armée : les plans sont remarquablement choisis et découpés, les poses des personnages étudiées au millimètre, un vrai travail d’orfèvre.

De plus la série est une orgie esthétique de décors comme de véhicules, on peut constater à chaque poursuite et combat l’amour et le fétichisme des artistes pour un univers qui les a marqué directement ou transversalement.

La distribution vocale est elle aussi impressionnante avec en première ligne Elijah Wood pour Beck, l’incontournable Bruce Boxleitner pour Tron ou encore Mandy Moore (Raiponce). Du côté des méchants, il n’y a rien à jeter avec Lance Henriksen pour Tessler, Paul Reubens (Pee Wee Herman) ou encore Emmanuelle Chiriqui en femme aussi dangereuse que fatale.

Après la vision des quatre premiers épisodes, on peut estimer que Tron Uprising part sur d’excellentes bases et ne tournera pas que sur des courses de motos sans fin ou les fameux jeux du Colisée, même si ceux-ci font obligatoirement partie de la mythologie de cet univers.

Seul le pilote, qui est un remontage moins heureux de la microsérie, peut sembler un peu longuet et répétitif, tout en possédant toutes les qualités techniques requises pour transcender le format. Ces errements sont toutefois réparés dès le deuxième épisode qui gère ses deux trames narratives sur ses vingt minutes à la perfection, preuve que tout n’était qu’une histoire d’ajustement.

Il ne reste plus qu’à Tron Uprising de traverser l’Atlantique afin de ravir petits et grands sur le vieux continent, ce qui risque de ne pas tarder…

Pour les plus impatients et malins qui ont un compte iTunes américain, la série est disponible ici et les deux premiers épisodes sont gratuits : Tron Uprising Vol.1

9 Comments

  1. Merci 🙂
    Le prochain article, sur la série Motor City sera plus long et comportera des vidéos, je veux présenter le studio Titmouse, assez peu connu chez nous, là où Tron a déjà une visibilité en France. Du coup j’ai préféré mettre l’accent sur les talents derrière la réussite et dieu sait qu’ils sont nombreux à travailler chez ou pour la souris actuellement. On en sort largement gagnant !

    Nbu
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