Ce n’est pas tous les jours que de nouveaux magazines papier spécialisés sur l’animation sont publiés, et le numéro 1 de Marimo, axé sur une thématique principale qui lui permet d’aborder des sujets froids et une actualité plus lâche que le simple flux, fait des merveilles. Mais laissons tout d’abord la parole à Adeline et Ingrid, les deux co-fondatrices de ce format, consacré à la maison (dans le sens de foyer) :

 

La maison. C’est un concept complexe et à plusieurs facettes dont la définition claire est difficile à concevoir. Son sens, écrit et débattu durant des siècles, est comme notre espèce, toujours en pleine évolution. Pourtant, lorsqu’il a fallu choisir un thème pour notre premier numéro de Marimo, il s’est présenté telle une évidence. La maison est un concept personnel, évoquant différentes émotions en chacun d’entre-nous.Pour certains,c’est la sécurité d’une famille. Pour d’autres, quelque chose de restrictif dont il faut s’échapper. Ultimement, la maison peut se trouver à la fin d’une quête périlleuse ou au début d’un grand voyage. Marimo fut notre premier voyage. Un pas dans le vide, vers l’inconnu, quittant la familiarité pour créer quelque chose de nouveau. Ce fut loin d’être une quête facile, mais nous avons trouvé notre propre maison pleine de personnes avides de partager leurs passions pour l’animation. Nous espérons que vous prendrez autant de plaisir à lire ce numéro que nous dans sa conception.

Adeline et Ingrid

Un sommaire bien rempli

Au sommaire de ce premier numéro totalement bilingue anglais/français, mes articles préférés furent les suivants : « Don Bluth – Partir pour mieux revenir ? » écrit par Damien Duvot et illustré par Patrick Atkins, revenant sur la filmographie de l’artiste américain et explore son rapport à l’exil, aux notions religieuses des symboles qu’il a utilisé en tant que metteur en scène… du très beau travail à l’image du reste du contenu du magazine, jamais pédant dans ses explications, réflexions et aspirations, ce qui est toujours un risque dans les magazines spécialisés, surtout en France où le besoin de légitimité par l’université peut faire beaucoup de mal à l’exploration vulgarisante du médium.

« Les petits bouts de ficelles de Bidayyat » écrit par David Hury aborde une communauté d’artistes syriens réfugiés au Liban utilisant l’animation comme moyen de capter l’attention sur ce qui se passe dans leur pays d’origine, dans une tentative proche de ce qui est réalisé par les ONG pour attirer le regard du public sur leurs problématiques, tout en lâchant pas les objectifs créatifs et les enjeux liés à l’animation.

« Combattre l’isolation urbaine : Trouver le réconfort dans The Garden of Words » de Grace Han, illustré par Robbie Cathro. Une subtile analyse du moyen-métrage de Makoto Shinkai, dont la filmographie pré-Your name va pâtir de la comparaison avec ce désormais monument de la japanime post-2000, ce qui fait de ce texte un souffle d’air frais en ce temps où les médias se battent essentiellement pour savoir qui pourrait hériter du titre laissé derrière lui par Miyazaki.

« La résilience est indispensable – l’expérience de travailler sur Bino & Fino » de Zainab Balami, qui fait le récit de son expérience de travail au Nigeria, où les productions locales rencontrent des écueils économiques et structurels. En cause, un mélange pernicieux, entre des budgets difficiles à obtenir et un manque de régulation provoquant une concurrence féroce du temps d’écran, qui ne privilégie pas ce qui est originaire du pays.

Mais aussi…

Des work in progress très bien réalisés, sur le téléfilm Un homme est mort réalisé par Olivier Cossu et produit chez Les Armateurs, ainsi que sur la future série transmédia La 4ème Planète produite chez Folimage, des essais très intéressants sur Lilo et Stitch, sur Mitsuru Adachi, un magnifique porfolio d’œuvres de Mateusz Urbanowicz, aka Mattō, tiré de ses séries « Tokyo Storefront », « Cold In Yokohama » et « Bicycle Boy ». On trouve également une élégante playlist qui fait le point sur un certain nombre de longs et courts métrages animés pour petits et grands, un article sur la vague déjà très haute du Geek Art et des posters alternatifs, ici écrit par Thomas Olivri, l’un de ses premiers instigateurs français. Que du bon sur toute la ligne, et une grande envie de déjà pouvoir lire le prochain numéro !

Pour acheter Marimo, c’est par ICI. Et restez en ligne sur leur page facebook pour découvrir la suite de l’actualité autour de ce magazine !

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