Révélée ce lundi, voici la sélection des longs métrages en compétition de la section Contrechamp du Festival international du film d’animation d’Annecy en ligne. Comme chaque année, Nicolas et moi vous commentons cette liste attendue.

On Gaku : notre rock !

Réalisé par Kenji Iwaisawa

Un jour d’été, une bande de lycéens un peu délinquants, n’ayant jamais touché un instrument de musique de leur vie, décide de monter un groupe. Ainsi commencent-ils à jouer la rhapsodie décalée de la jeunesse.

Cette bande-annonce nous laisse entrevoir une exploration esthétique animée de la musique à chaque tentative aussi chaotique soit-elle de concert. On a envie de suivre ce groupe dans leurs délires et leur tournée, la réalisation de leurs émotions et enjeux personnels au travers de la musique promet d’être aussi drôle que touchante. Est-ce que Scott Pilgrim pourra aller se rhabiller après un tel film ? (Oui, je cherche les problèmes là)

Muriel

The Old Man – The Movie

Réalisé par Oskar Lehemaa & Mikk Mägi

Notre protagoniste, le Vieil Homme, reçoit la visite de ses petits-enfants, qui vont passer l’été dans sa ferme. Sans le faire exprès, les petits crétins laissent s’échapper sa vache, aussi précieuse que maltraitée. Maintenant, le Vieil Homme et sa descendance ont très exactement 24 heures pour retrouver cette satanée femelle, avant que ses mamelles pleines n’explosent et ne provoquent une apocalypse lactée.

De la stop motion d’Europe de l’est et un délire fermier déjanté, il était évident que je serai de la partie. Il sera intéressant de découvrir à quel point l’enjeu de la vache explosive est exploitée dans la narration. Peut-être même que cette dernière se rebellera contre sa condition ? Après une telle découverte, on pourra dire que les produits laitiers sont nos amis pour la vie.

Muriel

Lava

Réalisé par Ayar Blasco

Les mass media ont subi une attaque massive. Un signal a interrompu les émissions de télé et de radio. Il n’y a plus de connexions internet ou mobiles. Tout le monde s’est retrouvé, face à son poste, devant une image hypnotique à la place de son programme habituel. Une image comme on n’en avait encore jamais vue. La radio n’émet plus désormais qu’un murmure lointain, semblable à un souffle. Et puis rien d’autre.

Plus connu comme voix dans le long-métrage Mercano, le martien de Juan Antin, Ayar Blasco a depuis entamé une carrière de réalisateur de court-métrage et débarque à Annecy avec Lava, l’adaptation animée de la bande dessinée éponyme de Salvador Sanz (Vertiges nocturnes) qui a aussi aidé à adapter un scénario original qui rappelle à sa base le comic-book Memetic. La bande-annonce promet une aventure se déroulant tout autant durant qu’après l’apocalypse, et si la forme parait dépouillée à l’extrême, le fond semble au moins aussi abrasif que celui de Mercano !

Nicolas

Luxuriance accidentelle du rebus aqueux translucide

Réalisé par Dalibor Baric

Martin a essayé de combattre le système, et maintenant il est en fuite. Sara est une artiste conceptuelle. Ensemble, ils rejoignent la commune révolutionnaire à la campagne. La police est sur ses traces. L’inspecteur Ambroz sait que les bonnes questions sont plus importantes que les réponses. Parce que peut-être rien de tout cela n’est vrai.

Avec son titre à rallonge, la bande annonce nous plonge dans une ambiance digne des génériques originaux de James Bond signés par Maurice Binder mélangée à des techniques radicales colorées proches de l’art contemporain. C’est ce genre de proposition que j’aime appréhender lors du festival, mon curseur de curiosité est à son maximum concernant  Luxuriance accidentelle du rebus aqueux translucide. Ce titre vaut un tweet à lui tout seul !

Muriel

Beauty Water

Réalisé par Kyung-hun Cho

Beauty Water ressemble à n’importe quel cosmétique pour la peau. Mais contrairement aux autres, il permet à ses utilisateurs de sculpter leur visage comme on peut le faire avec de la pâte à modeler et ainsi changer d’apparence. Une fille ordinaire, Yaeji, découvre ce produit par hasard, et son désir infini d’être la plus belle la mène tout droit vers un désastre inimaginable.

Adapté d’un segment du Webtoon Tales of the Unusual, qui est un équivalent coréen des Contes de la crypte et autres anthologies horrifiques, Beauty Water possède un bon potentiel pour explorer le genre du “body horror”, surtout avec l’impact sociétal qui conduit à la dismorphie qui peut être abordé ici. Il faudra toutefois voir comment la chose s’articule sur la durée d’un long-métrage.

Nicolas

My Favorite War

Réalisé par Ilze Burkovska Jacobsen

Voici l’histoire personnelle du réalisateur, Ilze, qui a grandi en Lettonie (URSS) au cours de la Guerre froide. Elle retrace le passage à l’âge adulte d’un individu qui décide d’échapper au conditionnement exercé par un régime autoritaire et puissant. Le film, pacifiste, souligne à quel point il est important que la liberté individuelle soit considérée comme un droit fondamental dans une société démocratique.

Après le film allemand Fritzi qui parlait de la vie en RDA, on se plonge du côté communiste letton du point de vue d’Ilze. Avec son esthétique façon papier découpé, il sera pertinent de suivre quel chemin narratif a été construit pour cette héroïne. Dans le contexte politique actuel mondial, on remarque qu’un approfondissement de cette période de l’histoire permet de souligner des valeurs précieuses à chacun qui peuvent sembler acquises.

Muriel

The Shaman Sorceress

Réalisé par Jae-huun Ahn

Une fille muette et son père ont laissé chez moi un tableau intitulé “La Sorcière chamane”. Cette représentation vaut mille mots. Une chamane dénommée Mohwa, qui vit avec sa fille muette Nang-yi et son mari, a pratiqué le chamanisme durant toute son existence. Un jour, son fils Wook-yi revient à la maison après plusieurs années d’absence, et après s’être converti au christianisme. Cela provoque un conflit et mène sa famille à la tragédie.

Découvert en Work In Progress en 2016 à Annecy, ce long-métrage possède un fort potentiel de personnages féminins forts dans un contexte de conflit en le chamanisme et le catholicisme. Je place de grosses attentes dans la découverte de Portrait d’une femme chamane, et souhaite qu’il attire l’œil d’un distributeur français pour que ce pan de la culture coréenne s’ouvre au plus grand nombre.

Muriel

La Légende de Hei

Réalisé par Ping Zhang

Nahuel vit avec son père dans une ville de pêcheurs, pourtant la mer lui inspire une peur profonde. Un jour, il trouve un livre magique qui semble être la solution à son problème. Mais un vilain sorcier, à la recherche de l’ouvrage, capture son père. Pour Nahuel, c’est le début d’une aventure au cours de laquelle il va devoir délivrer son père et surmonter ses craintes.

Dans un contexte de féerie urbaine, le jeune esprit Hei, qui prend la forme d’un petit chat noir, va se retrouver au cœur du conflit entre les esprits et l’humanité. On pourra observer si on se tourne vers un conte écologique classique ou si le discours lié à la modernité se révèle plus nuancé. Un film à suivre !

Muriel

True North

Réalisé par Eiji Han Shimizu

Après que son père ait disparu et que le reste de sa famille ait été envoyé dans un camp pour prisonniers politiques, tristement célèbre, en Corée du Nord, un jeune garçon va devoir apprendre à survivre dans des conditions difficiles, trouver un sens à sa périlleuse existence, et peut-être même s’échapper.

L’artiste et militant Eiji Han Shimizu a basé son film sur un rapport de l’ONU et les témoignages de personnes ayant survécu aux horribles camps de travail de la dictature nord-coréenne pour concevoir True North, qui suit un enfant dont la famille est envoyée dans un de ces lieux de mort. Animé en 3D,  le choix esthétique  derrière True North semble similaire à celui de 25 April, mais il faudra patienter pour en être certain.

Nicolas

Le Chevalier et la Princesse

Réalisé par Bashir El Deek et Ibrahim Moussa

Une histoire vraie mais dont la fin a été revisitée. Un jeune guerrier est résolument déterminé à sauver des femmes et des enfants qui ont été enlevés par des pirates. Cela le conduit à tomber amoureux d’une princesse et à devoir affronter un tyran brutal ainsi que son perfide sorcier.

Ce premier long-métrage d’animation égyptien produit sur une durée de vingt ans et dont les personnages ont été dessiné par feu le célèbre dessinateur Mustafa Hussein (décédé en 2014), Le Chevalier et la Princesse mets en scène les aventures de Mohammed bin al-Qassim, adaptées d’un conte du septième siècle. Après des vagues et des vagues d’orientalisme de la part des occidentaux, il est toujours important de voir ce genre de récit enfin appropriés par les peuples qui les ont imaginés et popularisés.

Nicolas

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