Away est un mystère venu de Lettonie, réalisé par Gints Zilbalodis et produit par la société de production Bilibaba. Gints est un jeune réalisateur qui parvient à mettre en image les tourments les plus inintelligibles (Inaudible via Les Valseurs)

Away

Isolé et perdu au milieu de différents lieux et paysages, un jeune homme tente de fuir une ombre qui le poursuit.

Tout commence avec un désert, et un arbre mort. Pendu à ses branches, un jeune parachutiste se réveille et échappe de justesse à une ombre géante qui tente de l’avaler. Il se met à courir en suivant un chemin parsemé d’arches en pierre. C’est ainsi qu’au travers de 4 chapitres, nous parcourons divers lieux et diverses formes de vie.

jeu vidéo

Long métrage contemplatif, l’animation semi 3D de ce garçon en voyage nous rappelle l’esthétique d’un jeu-vidéo. Très vite, l’aventure nous plonge au plus proche du personnage. Nous progressons (via une carte dissimulée dans un sac…) au gré des intempéries, des objets trouvés et des animaux que l’on rencontre. L’ambiance musicale et les chemins tracés nous invite à nous laisser porter. Observateur, le spectateur s’enfonce dans son fauteuil et oscille entre immersion et contemplation. Le dessin et son univers nous fait penser au jeu-vidéo contemplatif de RiME : traits simplistes, couleurs sans contours, immensité des paysages, mutisme… L’animation n’est décidément pas réservée qu’au cinéma, les influences de ces mondes permet de maintenir ce long-métrage à l’ambiance étrange en aventure intense, rendue palpable par une bande originale dense et onirique.

Away

destination et solitude

Le questionnement est là, il flotte autour de l’écran « Où allons-nous? ». Nous traversons quatre chapitres à mesure que le personnage passe les arches : Forbidden Oasis, Mirror Lake, Dream Well, Cloud Harbor. Chaque lieu a sa cohérence de textures et de couleurs. Des nuances d’ocre pour le désert et un silence que le vent pèse encore plus. Le chant des oiseaux dans une luxuriante forêt aux reflets bleus et verts. Une musique trip-hop, avec des vrombissements infinis, qui résonne dans les nappes de blancs du lac géant etc…. A chacune des étapes, le personnage semble s’isoler autant qu’il s’entoure d’animaux et d’objets de plus en plus symboliques. Il cherche sa place parmi les espèces et les familles qui s’y dessinent. On en découvre un peu plus sur les circonstances de son aventure… Le film prend des airs d’introspection dépassant la simple contemplation.

Away

rêve ou mort

Qui dit film immersif et contemplatif dit onirisme. Le rêve tortueux se lie avec les éclats mortifères de ses étapes. Le crash de l’avion avec le personnage de départ propulsé entre espace et nuit, l’ombre qui absorbe la vie et qui craint l’eau, élément fondamental de toute vie organique. L’ensemble de l’imaginaire de la chute : l’avion, les oiseaux, l’avalanche, la dégringolade de la tortue, l’ombre sur le pont, le malaise dans la neige, le personnage aux chutes d’eau… Par deux fois, le jeune garçon est avalé par l’ombre, avec cette posture fœtale rythmée d’un battement cardiaque à peine subtil. Et pourtant, plus il avance, plus il y a de la vie, de plus en plus d’animaux, de plus en plus d’éléments… Il résiste à la fatalité, et s’accroche au parcours qu’il décèle sur cette carte. L’invitant à ne pas abandonner. C’est une fuite en avant mais c’est une curiosité qui le pousse et l’anime. L’oiseau est symbolique d’une solitude dépassée et d’une complicité construite. C’est la peur qui se transforme en courage et qui trouve sa récompense en cette fin qui nous est symbolisée par la potentialité d’une vie commune à venir.

Away

Away nous invite à contempler l’immensité d’un rêve. Un dessin simpliste, des couleurs souvent aveuglantes, une musicalité proche de la transe… Ce rêve résonne comme une solitude contre laquelle on peut lutter, par la fuite. Renonçant au statique, la vie et ses angoisses se font et se défont au gré des chemins de plus en plus complexes. C’est l’engagement dans ses parcours, les choix et les décisions qui nous feront sortir du rêve mortifère. Les allures de game-play du film accentue ce message « si vous n’avancez pas, le jeu de la vie ne se découvrira pas à vous. »

Un joli message d’espoir.

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