Critique – Flee


Après avoir remporté le Cristal du long métrage en 2021 au Festival du film d’animation d’Annecy, Flee réalisé par Jonas Poher Rasmussen, est attendu dans l’année pour sa diffusion dans les salles françaises.

Ayant entre-temps recueilli un nombre incalculable de récompenses à travers le monde et désormais trois nominations aux oscars, le film possède désormais une très belle réputation et j’ai eu la chance de le découvrir en janvier grâce à la plateforme Animation Showcase :

L’histoire vraie d’Amin, un Afghan qui a dû fuir son pays à la fin des années 80 alors qu’il n’était qu’un enfant. Trente ans plus tard, désormais universitaire au Danemark, il va confier à son meilleur ami la véritable histoire de son voyage et de son combat pour la liberté.

Ce documentaire animé casse les codes traditionnels du genre en amenant le spectateur au cœur des confessions et des pensées d’Amin. Ce voyage intérieur passe par l’évocation de souvenirs aussi frontaux que flous par instant, on s’immerge dans les épreuves douloureuses de la migration clandestines mais aussi dans les moments de douceurs nécessaires à la vie. On suit le parcours de résilience d’Amin, et l’acceptation de son homosexualité auprès de ses proches. Flee sait user des nuances pour toucher émotionnellement juste. La séquence de souvenir d’enfance sur Take on me du groupe a-ah est saisissante de joie et d’innocence.

Des images d’archives ponctuent le récit afin d’informer les périodes historiques traversées par l’Afghanistan, sans jamais dévorer le témoignage d’Amin. L’esthétique de animation traditionnelle des différents souvenirs se dessine, lavée par le temps dans le tourbillon des émotions du moment, évoquant ainsi le travail de la réalisatrice Anca Damian sur Crulic ou La Montagne Magique.

Les périodes passées en Russie et en exil possèdent une simplicité qui laissent les protagonistes se développer malgré le côté claustrant de la situation, et l’animation, parfois plus simpliste, appuie le ressenti du personnage principal comme la gravité de certains souvenirs comme leur violence.

Flee arrive à trouver l’équilibre délicat entre témoignage introspectif, animation et récit historique, donnant ainsi au documentaire animé une approche différente, plus personnelle et sensible. En attendant d’avoir une confirmation sur sa diffusion nationale, on espère qu’il sera apporté dans les meilleures conditions au grand public.

Flee est attendu en salles via le distributeur Haut et Court cette année après de nombreux atermoiements, notamment en raison des difficultés à programmer un tel film avec un calendrier d’exploitation très incertain. La date du 15 juin 2022 a été avancée dans certains médias, ce qui correspondrait à une sortie en parallèle du prochain Festival du film d’animation d’Annecy, mais rien n’est moins sûr…


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