Critique – Léo, la fabuleuse histoire de Léonard De Vinci


Projet de cœur de Jim Capobianco, Léo, la fabuleuse histoire de Léonard De Vinci (The Inventor en version originale) a fini par atteindre les salles en cette fin de mois de janvier après une aventure pour sa production, animé en grande partie en stop motion dans les locaux de Foliascope (Interdit aux chiens et aux italiens), près de Valence.

Bienvenue dans la Renaissance ! Une époque où artistes, savants, rois et reines inventent un monde nouveau. Parmi eux, un curieux personnage passe ses journées à dessiner d’étranges machines et à explorer les idées les plus folles. Observer la lune, voler comme un oiseau, découvrir les secrets de la médecine… il rêve de changer le monde. Embarquez pour un voyage avec le plus grand des génies,
Léonard de Vinci !

Racontant la fin de la vie de l’artiste et scientifique de la renaissance, Capobianco (Ratatouille) se concentre sur les idéaux et passions de De Vinci à ce moment-là, et notamment son obsession de comprendre les mystères de la vie, lu attirant les foudres papales en raison de son acharnement à ouvrir des corps morts pour en comprendre le fonctionnement.

L’appel du roi François 1er tombe à pique pour éviter l’emprisonnement et De Vinci s’installe au Château du Clos Lucé à Amboise, poursuivant ses recherches et inventer un monde moderne sous la houlette parfois embarrassante, parfois capricieuse de son bienfaiteur. Sans parler des espions du pape qui viennent fourrer leur nez dans les projets de notre Léo.

Heureusement, Léo s’entend bien avec Marguerite de Navarre : la sœur ainée du Roi, intelligente et très éduquée pour l’époque, partage les ambitions de Léo pour un monde meilleur et plus centré sur l’humain et l’innovation, et ce dernier va l’embarquer dans ses rêveries et le monde de possibilités ouvert par la science.

A ce titre, il est intéressant de constater que Léo devient comme une nouvelle itération, un ancêtre de ce très cher Maestro qui a bercé l’enfance de nombreuses générations d’enfants avec les séries Il était une fois…, le tout animé dans une très belle stop motion dirigée par Kim Keukeleire, à l’expressivité délicieuse, qui confère une texture, un aspect plus tactile à ce qui est présenté à l’écran.

Et c’est là tout le génie de la mise en scène de Jim Capobianco et Pierre-Luc Granjon pour cette fabuleuse histoire de Léonard De Vinci : alterner les différents type d’animation selon ce qui est montré, ambitionné, rêvé : dans certains cas, une animation traditionnelle signée Cartoon Saloon prend le relais avec fluidité et pousse les limites de la stop motion et de sa matérialité pour visualiser les idées et faire voler ses personnages, imaginer la ville du futur mais pas que ! Autre bel exemple d’inventivité, les espions du pape sont eux aussi en 2D, représentés par des ombres qui glissent sur les décors.

On est presque triste de quitter ce petit monde après 99 minutes de métrage, une impression qui a dû être vécue par d’autres puisqu’une série est désormais en projet pour continuer l’aventure. Son nom ? L’atelier de Léo, qui a été présentée au Cartoon Forum 2022.

Le casting français de Léo, la fabuleuse histoire de Léonard De Vinci regroupe Juliette Armanet, Philippe Allard, Marion Cotillard et André Dussollier dans le rôle de l’artiste italien et chacun fait un travail très naturel pour faire vivre les personnages, avec un petit faible pour la performance de Gauthier Battoue, hilarant en François 1er.

Léo, la fabuleuse histoire de Léonard De Vinci est toujours dans les salles.



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