Critique – Ma famille de samouraïs

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Passé par le Festival International du film d’animation d’Annecy en 2025 dans la section Annecy Présente, le long métrage brésilien Ma famille de samouraïs arrive dès le 16 septembre sur les écrans français.

Adapté du roman Nihonjin d’Oscar Nakasoto (non publié en France) par Rita Catunda et réalisé par Celia Catunda, le film s’intéresse à la descendance de la communauté japonaise immigrée au Brésil, où elle représente désormais pas moins de 2 millions d’habitants, et à son passé difficile après la deuxième guerre mondiale.

Utilisant le prisme du devoir d’école et du personnage de Noboru, Ma famille de samouraïs aborde le tabou du récit de jeunesse de son grand père, Hideo, qui ne désire pas aborder certains aspects de son passé. De même, le désintérêt initial de Noboru pour ses origines est un sujet de tension entre ces deux générations, l’enfant n’y voyant qu’une corvée à réaliser tandis que le vieillard n’y voit que des mauvaises raisons d’un passé qu’il estime trop douloureux.

Structuré en une série de flashbacks narrés par Hideo, depuis les années 20 et son arrivée en terre brésilienne jusque dans la fin des années 40 et le ressac de la fin de la seconde guerre mondiale, celle-ci raconte une vie difficile pour cet immigré, avec un travail de forçat dans des fermes avant d’accéder à une vie moins précaire après la mort de sa première femme.

Le film se permet d’aborder des événements tragiques mais aussi le point de vue d’Hideo, qui devient particulièrement éclairant quant à sa fierté patriotique et le besoin ressenti d’être explicitement japonais (par les usages, les mots de vocabulaire, le respect…), en confrontation avec l’un de ses fils et les problèmes politiques qui en résultent après la guerre. En cela, Ma famille de samouraïs se dérobe et laisse certains aspects dans le flou (la présence non nommée du sinistre mouvement Shindo Renmei, qui souhaite s’en prendre à son fils, vif critique du négationnisme rampant dans les rangs de la communauté japonaise au Brésil à cette époque).

Tout ceci fait du film une jolie porte d’entrée sur le sujet, avec un traitement forcément plus positif voire un peu naïf de certains aspects pour rester dans un esprit familial, ce qui se comprend pour ce type de spectacle. Nous vous encourageons à vous renseigner sur ces sujets au-delà de Ma famille de samouraïs car il y a matière à apprendre de cette histoire.

Joliment mis en scène par Celia Catunda, le métrage plafonne à 82 minutes et possède de très belles séquences inspirées par l’esthétique du peintre Nippo-Brésilien Oscar Oiwa, dont les œuvres parsèment par ailleurs le générique de fin. La réalisatrice met également en image des moments sans fards, plus durs, et ceux-ci rendent le film plus vivant et direct, ce qui montre une volonté d’aborder frontalement le sujet.

Si le Brésil est désormais reconnu sur la carte de l’animation depuis ses récompenses au Festival International du film d’animation d’Annecy, notamment avec des films tels que Le Garçon et le Monde ou Rio 2096 – Une histoire d’amour et de furie, je suis content de voir arriver sur les écrans français ce type de métrages évoquant le passé et une réalité sociale dans les autres pays, d’autant plus dans ce médium.

Ma famille de Samouraïs, en salles dès le 16 septembre via Gébéka.