Après avoir vu Le rythme de la Jungle, j’ai pu poser quelques questions à son réalisateur Brent Dawes. Ce dernier ayant également été le créateur de toutes les séries de l’univers Jungle Beat avec Sandcastle Studios depuis 2006, j’avais forcément quelques interrogations quant à l’aboutissement que représente ce long-métrage.

Après tant d’épisodes, comment avez-vous déterminé l’angle à choisir pour faire une nouvelle histoire avec vos personnages ? Cela vous a-t-il demandé des recherches ou était-ce une évidence ?

Brent Dawes : Le fait de s’atteler au format de l’histoire longue nous a ouvert des possibilités. Jusqu’à présent, toutes les histoires dans le monde de Jungle Beat devaient durer moins de 7 minutes, donc le fait d’avoir beaucoup plus de temps pour raconter une histoire m’a permis d’explorer des lieux que je n’avais pas pu faire explorer auparavant à mes personnages.

Le choix de faire parler vos personnages et de changer la formule définissant la série est un changement majeur, qui semble obligatoire pour un long métrage, mais vous êtes-vous senti contraint ou libéré par celui-ci ? De plus, une nouvelle série ou un nouveau film suivra-t-il cette ligne ?

B D : Il est intéressant de noter qu’il y a environ 10 ans, lorsque j’ai commencé à penser à un long métrage, je voulais qu’il soit sans dialogue. Quand je suis revenu sur l’idée cinq ans plus tard, j’ai décidé d’opter pour le dialogue car je pensais que ce serait plus amusant à écrire et aussi plus accessible. En décidant  de leur donner une voix, je voulais tout de même rester fidèle au concept de départ de la marque et au monde attenant, et la vérité de ce monde est que nos personnages ne peuvent pas parler : j’ai donc inscrit cet élément dans l’histoire même.

Le rythme de la jungle, réalisé par Brent Dawes

C’est une surprise pour eux-mêmes qu’ils puissent parler ! Et c’est ce qui donne le coup d’envoi de notre histoire. Et pour répondre plus précisément à votre question, je me suis senti libéré d’avoir des dialogues et c’était merveilleux de découvrir plus de choses sur les personnages puisqu’il peuvent désormais réellement converser entre eux. Nous explorons la possibilité d’une nouvelle série dans ce sens car nous aimons les nouvelles possibilités et perspectives que cette orientation a ouverte.

Habituellement, le thème de la colonisation dans les films est plutôt destiné aux adultes, comment avez-vous abordé ce sujet dans la création de l’histoire ?

B D : Décider de faire de notre personnage d’extra-terrestre un conquérant réticent était un angle utile pour cela. C’est la tâche qui lui a été confiée, mais ce n’est pas ce qu’il veut faire. Cela nous a permis de lui conférer plus d’empathie plutôt qu’une présence réellement menaçante ou inspirant la peur. C’est une lente révélation de la menace qu’il représente et du danger réel auxquels ont affaire les personnages, mais à ce moment-là de l’histoire, le point fort est celui des relations, pas de la conquête. Et, bien qu’il s’agisse d’un thème lourd grandiloquent, je pense qu’il peut tout de même être raconté à de jeunes enfants. Ils ne connaissent que trop bien l’expérience de quelqu’un qui vient et leur prend quelque chose qui leur appartient, que ce soit leur jouet, leur collation ou quoi que ce soit d’autre. C’est justement cela, à une échelle beaucoup plus grande.

La notion de conquête contre celle d’amitié et du soutien des amis est très bien écrite dans le film, mais était-il difficile d’écrire ces antagonistes pour un film destiné précisément à ce public ?

B D : Je n’ai pas trouvé cela trop difficile car j’ai juste essayé de rester fidèle au cœur de ce qui fait Jungle Beat et ses personnages. Nos animaux de la jungle croient toujours en le meilleur de quelqu’un et même si c’est très désarmant, c’est en fait très puissant. Je crois qu’au cœur de l’expérience humaine se trouve un désir de connexion, qui se manifeste chez les gens de manières très différentes, certaines positives, d’autres négatives. Nos antagonistes forcent la connexion d’une manière très brutale en essayant de contrôler et de dominer tout le monde, mais les animaux de Jungle Beat abordent la situation d’une manière que les extra-terrestres n’ont jamais connue auparavant, et c’est toute leur qualité.

Tous nos remerciement à Fumiko Otto pour la mise en relation. 

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