OIAF 2021 – On a vu… « Nona », le court Sparkshorts réalisé par Louis Gonzales

Après avoir manqué de voir Twenty Something suite à une maladresse de décalage horaire, j’ai été ravie de découvrir Nona, court métrage Sparkshorts réalisé par Louis Gonzales.

Nona est une grand-mère veuve qui prévoit de passer son jour de congé en se coupant du monde pour regarder son émission de télévision préférée, E.W.W. Smashdown Wrestling. Cependant, lorsque sa petite-fille de cinq ans, Renée, est déposée à l’improviste, Nona est prise entre ses deux activités préférées. Renée veut jouer, tandis que Nona, qui est normalement très attachée à sa petite fille, se bat pour regarder l’émission Smashdown, ce qui mène à une confrontation décisive entre les deux et à un compromis plein d’amour.

La production des courts métrages Sparkshorts s’inscrit dans un processus réduit de six mois avec une petite équipe d’animateurices. Le but de ce système est de pousser la valorisation des idées des réalisateurices derrière ces courts. On retrouve à la production Nicole Grindle ,qui avait porté l’excellent Sanjay et sa super équipe en 2015, court qui nous avait particulièrement touché par sa sincérité d’exécution.

Nona

Il est agréable de découvrir une grand mère qui sort de l’image d’Épinal avec gâteau et napperons. On nous la présente dans le feu de l’action corbeille de linge dans les bras équipée de ses sneakers slip-on et de son T-shirt ample E.W.W. Elle donne des grattes à son vieux chien avant de s’installer devant ses stars de catch favorites. Son appartement est à son image simple et fonctionnel, on devine que le canapé et le fauteuil viennent d’ensemble différents rendant son espace identifiable à chacun.e, aussi aucun cadre au mur n’est identique. Ce type de détail apporte au décor une certaine vitalité car on a vraiment l’impression que Nona occupe cet espace. On pouvait déjà retrouver cette volonté artistique autour d’un environnement du quotidien dans Bao de Domee Shi.

La plongée dans l’univers du catch se fait du point de vue de Nona qui est absorbée par les affrontements du Smashdown. Un soin particulier a été apporté à la depiction de l’univers du catch, celleux qui ont veillé devant RTL9 savent (et les autres aussi !), avec des noms de scène percutants et des tenues pleines de flamboyance à paillettes. La mise en scène installe la notion d’affrontement sur le ring via le biais télévisuel afin que le switch de l’amusement et l’imaginaire du combat imaginé se déroule tout en subtilité. On est happé dans une victoire par K.O par tant de tendresse mêlant catch et relation intra-familiale.

Nona

A ma grande surprise, Nona a su toucher juste dans sa modernité du traitement de la figure de la grand mère mais aussi dans la fraicheur de sa relation avec sa petite fille. Comme nous l’avions déjà remarqué pour Burrow de Madeline Sharafian, le processus de production des Sparkshorts apporte de nouvelles visions créatives au studio Pixar. Il serait d’ailleurs intéressant que la section long métrage de l’entreprise s’en inspire pour l’avenir. En attendant, on vous invite chaleureusement à découvrir Nona sur Disney Plus.

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Muriel
Créatrice et rédactrice en chef de Little Big Animation, amatrice de curiosités et bizarreries animées. Vous pouvez aussi m'entendre faire grawr sur Grawr.fr !
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