Ici, on adore Madeline Sharafian : vous êtes certainement déjà tombé sur ses courts de fin d’étude à CalArts, Omelette ou Acorn, et aperçu son travail au détour de la série We Bare Bears, dont elle a contribué au design et à certaines histoires avant d’entrer chez Pixar pour travailler sur Coco en tant que story artist puis sur En Avant en tant que Lead Story Artist. Elle est actuellement en train de travailler sur le long-métrage de Domee Shi (l’excellent Bao) mais a entre temps eu l’opportunité de réaliser un court-métrage pour le programme Sparkshorts de Pixar.

Voici donc Burrow, que nous avons pu voir lors du Ottawa International Animation Film festival, assorti d’un livestream de la réalisatrice et un Question/Réponse. Si Disney France maintient la sortie de Soul, vous aurez peut-être la chance de le voir en salles. Croisons les doigts !

L’histoire d’une jeune lapine alors qu’elle essaie de construire le terrier de ses rêves, qui devient de plus en plus embarrassée à chaque fois qu’elle creuse accidentellement dans la maison de ses voisins. Elle décide alors de creuser plus profondément…

Produit par son collègue Mike Capbarat (Coco), lui-même choisi par Madeline Sharafian lorsqu’elle a fait valider son projet par Pixar, Burrow est un peu pour la réalisatrice ce quatrième court-métrage de fin d’études qu’elle n’avait pu faire à l’époque, ayant quitté CalArts pour travailler chez Cartoon Network sur We Bare Bears. Elle avait gardé cette idée dans un coin de sa tête jusqu’à la proposition de Pixar.

Burrow

Pour Sharafian, l’idée directrice de Burrow était de retrouver ce sentiment de rapidité lié à la fabrication d’un court-métrage : ne pas douter de soi et ne pas revenir sur chaque décision, et garder le tout enveloppé d’une certaine simplicité. Elle a également dû apprendre à déléguer du travail à ses collègues, habituée a tout faire seule (ce qui est aussi le sujet du film). Elle a donc conçu une bible pour l’équipe d’une douzaine de personnes qu’elle a constitué, et le choix de l’animation 2D s’est imposé de lui-même, grandement aidé par le succès du court-métrage Kitbull, dont le succès à pavé la voie à Burrow.

Bien qu’opérant en petite équipe sur un temps limité, Sharafian a vu débarquer de nombreuses personnes de Pixar, attirées par l’opportunité de travailler en 2D et voulant prêter main forte en parallèle des longs-métrages. Visuellement, le court-métrage a été character designé par la réalisatrice et chaque personnage porte sa signature. Influencée par des artistes jeunesse tels que Jill Barklem, Beatrix Potter ou Richard Scarry, elle a conçue cette galerie avec un maximum de praticabilité, car elle savait que les animateurices devraient travailler le plus aisément possible.

C’est le logiciel d’animation TVPaint qui a été choisi pour les mêmes raisons, et les dix minutes de Burrow, un court-métrage sans paroles, rythmé par du Mozart, évoque autant les classiques de Disney que des œuvres plus récentes comme Fantastic Mr Fox mais aussi Ernest et Célestine, le tout avec cette patte graphique si reconnaissable et un message très positif sur la coopération et un sens très touchant du Hygge qui, si vous connaissez l’artiste par ses bandes-dessinées et ses recettes, ne vous étonnera pas du tout. Burrow est donc une réussite dont la présence avant Soul devrait garantir un très beau succès mérité !

Burrow sera peut-être visible avant Soul le 25 novembre (un double peut-être car, au-delà du COVID-19, vous connaissez la propension des multiplexes à couper les courts-métrages présents en avant-programme des films Disney).

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