Wonder Park, anciennement Amusement Park, et en version française Le Parc des Merveilles est un film de Paramount Animation dont la réalisation a été confiée à Ilion Animation Studios. La présentation du making of à Annecy a eu un grand succès, les espagnols d’Ilion ayant profité du budget conséquent de Paramount pour nous offrir une animation de grande qualité. Le film sortira le 15 mars 2019 aux États-Unis.

Mireille Soria, présidente de Paramount Animation, nous a touché quelques mots sur leurs futures productions, nous y reviendront en fin d’article, avant de laisser la parole à l’équipe d’Ilion : le directeur de l’animation Javier Abad (Planète 51), le superviseur des effets spéciaux Javier Romero (Agents Super Zéro) et le chef layout Juan Garcia Gonzalez (Le Petit Prince).

Petite curiosité : Wonder Park n’a actuellement aucun réalisateur attitré, le précédent ayant été viré pour harcèlement sexuel… Tout comme l’acteur qui devait doubler Boomer, l’un des rôles principaux. “Nous sommes déterminés à offrir un environnement de travail sûr, sans harcèlement ou conduite inappropriée” a déclaré un porte-parole de Paramount. Suite à quoi Paramount Animation aurait procédé au changement de titre du film.

June au Parc des Merveilles

Le film raconte l’histoire de June, une fillette de dix à l’imagination débordante et ingénieure en herbe qui adore construire des maquettes de parcs d’attraction avec sa mère. Ensembles, elles transforment la chambre de June, puis toute la maison, en Wonder Park. Malheureusement sa mère tombe très malade et June, qui ne trouve plus de réconfort dans leur monde imaginaire, abandonne ses maquettes en même temps que sa joie de vivre.

Un jour, alors qu’elle s’échappe du bus pour le camp d’été, June s’enfonce dans la forêt à la poursuite d’un mystérieux papier et découvre un wagon de rollercoaster enfoui sous la végétation. Ce dernier l’emmène dans un parc d’attraction ressemblant à s’y méprendre à celui qu’elle construisait, et habité par les animaux qui étaient ses employés imaginaires. June va essayer de rendre sa splendeur à Wonder Park, aujourd’hui abandonné et délabré, redécouvrant ainsi le pouvoir de l’imagination et sa confiance en soi.

Une histoire classique mais qui peut s’avérer très efficace, surtout avec le thème du parc d’attraction qui appelle toujours à la rêverie et à la magie. Reste à savoir si les scénaristes se sont contentés de redonner sa lumière à June ou s’ils ont aussi prévu de sauver sa mère, pour un happy end “parfait” (et sans saveur ?). J’ai surtout des réserves quand au nombre de sidekicks : June est entourée d’un ours appelé Boomer, d’un porc-épic, de deux castors et d’un sanglier. D’après moi, c’est le signe de montagnes de gags inutiles prêts à meubler un récit linéaire pour quelques minutes de film supplémentaires…

Ilion Animation Studios aux fourneaux

Mireille Soria souhaitait que Wonder Park “définisse un nouveau niveau d’excellence pour les années à venir” en matière d’animation et nos voisins espagnols de chez Ilion Animation se sont vraiment dépassés. La différence avec Planète 51, leur film le plus connu, est notable. Certes, dix ans et un budget hollywoodien séparent les deux, mais Wonder Park ne semble pas avoir quoi que ce soit à envier à ses concurrents américains du moment (sauf peut-être au niveau de la légèreté et de la fluidité des cheveux de June, mais je chipote carrément là, tout le monde ne peut pas avoir la chevelure de Raiponce).

Je suis restée scotchée devant la qualité des jeux de lumière et la richesse des couleurs de l’un des extraits qui nous a été dévoilé : June entre dans la forêt et évolue entre les arbres jusqu’à une petite clairière. La végétation est superbe, les détails nombreux, jusqu’au pollen qui vole dans un rayon de lumière. Un autre extrait qui en mettait plein les yeux suivait June ballotée par les flots dans une rivière d’or, et que l’on aperçoit aussi dans la bande annonce dévoilée il y a peu. Le superviseur des effets spéciaux Javier Romero a expliqué qu’un véritable travail sur la lumière et les effets spéciaux (des petits feux d’artifices accompagnent le doré de l’eau) a été nécessaire pour mettre en avant la rivière sans oublier June, qui par contraste devenait trop sombre.

Il s’agit aussi d’une scène qui rappelle les attractions aquatiques qu’affectionnent tant les enfants (et leurs parents, et moi surtout). Sauf que ces “rivières” se dévalent généralement à l’aide de bûches ou de grosses bouées, et non debout, pendue à un parasol métallique tombant en morceaux… Une autre scène d’action, et d’humour, place le gros ours Boomer dans un wagon en équilibre tout en haut des montagnes russes, luttant pour empêcher un oiseau de se percher là et de le faire basculer en avant. Petite remarque au passage : ces montagnes russes sont hallucinantes.

Javier Abad s’est arrêté quelques instants sur le personnage de Boomer, l’ours bleu narcoleptique, pour nous en montrer l’évolution. Le premier essai montrait un ours pataud, qui ressemblait plus dans sa gestuelle à un homme en costume d’ours qu’à un grand prédateur. Sans compter sa fourrure aux allures de moquette ! La faute à leur modèle, un ours issu du “pire musée de cire du monde” d’après eux. Un trait d’humour qui visait probablement le musée de cire de Madrid et qui a beaucoup fait rire la salle. L’équipe est ensuite allée à l’encontre de vrais ours dans un zoo pour aboutir à une deuxième version de Boomer beaucoup plus convaincante.

Paramount Animation : les autres projets

L’objectif de Paramount Animation est de sortir deux long-métrages par an, toujours en faisant réaliser leurs films par d’autres studios, à l’image du Warner Animation Group. Mireille Soria a ainsi évoqué trois films qui ont reçu le feu vert pour partir en production / développement :

Monster on the Hill, adapté du roman graphique éponyme de Rob Harrell et réalisé par Bradley Raymond (La fée clochette) en partenariat avec ReelFX et Walden Media. Dans un monde où les monstres sont apprivoisés et où la lutte entre monstres est un sport populaire, Winnie essaie de devenir manager comme son père en transformant un monstre expérimenté en vrai combattant. Sortie prévue pour 2020.

The SpongeBob Movie: It’s a Wonderful Sponge, troisième volet cinématographique des aventures de Bob l’éponge carrée réalisé en association avec Nickelodeon. Tim Hill, scénariste sur la série, écrit le script et réalisera le film. Il devrait s’agir d’un musical racontant les origines de Bob et son arrivée à Bikini Bottom. Également prévu pour une sortie en 2020.

Luck, réalisé par Alessandro Carloni (Kung Fu Panda 3) avec Skydance Media et Ilion Animation Studios. La comédie lèvera le rideau sur la bataille millénaire entre les organisations de la chance et de la malchance qui affectent secrètement notre quotidien. Sortie début 2021.

Le Parc des Merveilles, la série télévisée. Le film s’annonce déjà comme un succès familial en salles avec ce qu’il faut d’aventure et d’émotions pour se laisser porter par l’histoire, et des images superbes pour captiver le regard. Paramount y croit et compte beaucoup dessus puisqu’une série télévisée est déjà prévue sur Nickelodeon après la sortie du film !

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