L’édition online du festival d’Annecy a débuté il y a 2 jours, et c’est déjà l’effervescence des nouvelles infos, previews et autres work-in-progress qui s’accumulent. L’un des projets les plus attendus cette année est Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary, le nouveau long-métrage de Rémi Chayé produit par Maybe Movies, Noerlum, et coproduit en France avec 2 Minutes, France 3 Cinéma et 22D Music group et distribué par Gebeka, et en compétition pour la sélection “L’officielle” d’Annecy. La première bande-annonce est d’ailleurs sortie pour l’ouverture du festival ce lundi 15 juin.

Sur la plateforme, pas de visionnage du film disponible, pas même les 20 premières minutes (qui avaient été diffusées au Cartoon Movie 2020 il y a quelques mois). En revanche, un reportage de production de 17 minutes, ainsi qu’un clip inédit de 2 minutes qui présente une scène de la cavale de Calamity.

1863, États-Unis d’Amérique
Dans un convoi qui progresse vers l’Ouest, Martha Jane doit apprendre à conduire le chariot familial. Pour mieux monter les chevaux, elle se met à porter un pantalon, et finit par se couper les cheveux. Son caractère audacieux provoque le scandale, et Martha est obligée de fuir. Elle va devoir faire face aux nombreux dangers d’un monde en construction où sa personnalité unique va s’affirmer. Une aventure riche en rencontres qui révélera la mythique Calamity Jane.
       

La nouvelle affiche de Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary, dévoilée à l’ouverture du festival d’Annecy 2020.

Dans le reportage, Rémi Chayé dit l’envie de raconter ce qu’aurait pu être l’enfance de Martha Jane Cannary et les événements qui l’ont menée à devenir la célèbre Calamity Jane. Idée de départ qui lui a inspiré la situation où “une gamine qui n’est pas contestataire de son statut de jeune fille, a priori, découvre la vie de garçon parce que son père a un accident et refuse de rendre la liberté qui va avec.”
Henri Magalon, producteur chez Maybe Movies, ajoute : “Elle n’était pas particulièrement militante féministe, ni même consciente de ça, mais elle est restée une figure qui a refusé de se coincer dans le rôle qu’on donnait aux femmes à l’époque. (…) Et ça nous permet de parler de la société actuelle, de féminisme et de la place des femmes dans nos sociétés.”

Compte tenu de la rareté des sources attestées sur la vie de Calamity Jane, il a fallu imaginer et construire une histoire plausible, partant de son contexte social et familial initial. Le terme “une enfance” dans le titre du film invite donc à découvrir la propre vision du réalisateur Rémi Chayé sur les débuts trépidants de la vie de cette femme célèbre.

Bande annonce du film

Comme Muriel le disait déjà dans ses impressions après le visionnage des 20 premières minutes, le film est visuellement beaucoup plus touffu que l’esthétique de Tout en haut du monde. Contrairement au minimalisme de la nature russe et du Pôle Nord du premier long-métrage de Rémi Chayé, ici les grands espaces de l’ouest américain montrent une multiplicité de végétations, plantes, montagnes et rocailles qui sont détaillés sans fin, et donnent aux plans de nature l’air de tableaux impressionnistes mouchetés de coups de pinceau.

À l’image de l’immensité et de ces paysages, la majorité des plans sur la route de l’ouest sont construits selon une composition horizontale qui divise l’espace entre le ciel et la terre.
Eddine Noel, superviseur layout-décor précise : “La plupart du temps, on a du sol et du ciel, sans aucune structure bâties par l’homme. On a travaillé sur le vocabulaire des nuages, des plantes…”. Et tout cela donne une dimension profondément naturaliste au film. Il est d’ailleurs particulièrement ambitieux au niveau de l’animation des animaux, qui sont très nombreux, notamment les chevaux. L’équipe d’animateurs a pu bénéficier d’un stage équestre pour se familiariser et comprendre la morphologie des chevaux et les bases de la monte à l’américaine.


Le reportage nous permet aussi de faire connaissance avec le casting vocal de qualité : on est conquis par la voix grave et la spontanéité de Salomé Boulven qui interprète Calamity, ainsi que par la performance d’Alexandra Lamy, qui joue Madame Moustache, une femme aux dehors austères mais semble être de nature bien plus amène qu’elle n’en a l’air au premier abord.

Enfin, il nous donne enfin un aperçu de la musique, composée par Florencia Di Concilio, et apparemment bien plus présente que dans Tout en haut du monde (ce dernier restant très minimaliste en terme d’ambiance sonore). Pour Calamity, les paysages colorés appellent à une musique tout aussi chamarrée, et la musique country est évidemment à l’honneur, notamment avec un quatuor guitare-violon-contrebasse-banjo. Un régal pour les oreilles, qui souligne l’histoire avec beaucoup de charme et d’émotion, et qu’on a hâte de pouvoir écouter dans son intégralité.
Petit bonus surprise : la maison de production 22D Music a mis en ligne des extraits de 5 morceaux de la bande originale (qui sortira le 9 octobre).

Une chanson a même été créée pour le film, et se fera sans doute entendre pendant le générique de fin. On y entend chanter Salomé, accompagnée par un choeur d’enfants reprenant avec entrain “On m’appelle Calamity Jane”, comme un cri de ralliement au souffle de liberté que représente le personnage.

Malgré ces quelques détails distillés par-ci par-là, le reportage tient davantage de la présentation succincte que du making-of qui irait creuser en profondeur les thématiques du film. Les questions de traitement de l’identité et du genre à travers le personnage unique de Calamity Jane restent donc assez ouvertes, et il faudra attendre sa sortie au cinéma pour connaître l’angle d’approche du réalisateur et de la scénariste.

Heureusement, il reste de quoi patienter un peu avec le movie clip mis en ligne.
Après avoir quitté sa famille et son convoi, Martha, qui se présente comme “Marcus”, fait équipe avec Jonas, un jeune garçon qu’elle rencontre sur son chemin. Ils se cachent dans une carriole en tentant d’échapper au shérif. La carriole n’est autre que celle de Madame Moustache, qui va leur proposer du travail en échange de sa protection.

La scène est efficace, on plonge d’emblée dans le ton spontané du film : les dialogues sont malicieux et sans filtre, les comédiens campent leur rôle à merveille (ce qui prouve l’importance de la théâtralisation lors des enregistrements en amont), et Calamity en particulier est tout de suite attachante et très convaincante dans son audace et sa ténacité.

Il nous tarde d’être au 14 octobre pour enfin découvrir le film !

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