Comment le projet « Hidari » cherche à redéfinir l’action en stop motion


Alors que le Kickstarter de ce superbe projet de film en stop motion Hidari approche des 500%, son réalisateur Masashi Kawamura partage régulièrement des mises à jour quant à la fabrication du pilote et des principes qui ont guidé sa conception. La dernière en date approche un concept peu présenté pour cette technique : celle de la mise en scène de l’action, que vous pourrez retrouver ci-dessous traduite en français.

Inventer le genre de « l’action en stop-motion »

Tout le monde pensait qu’un projet difficile comme celui-ci, où des marionnettes faites de bois sont les moteurs de l’action et sont filmées avec des caméras en mouvement, serait un nouveau défi pour tout animateur qui se respecte. Cependant, lors de la réunion suivante, notre animateur Inazumi, qui avait déclaré vouloir se faire une idée des marionnettes en les manipulant, a présenté une vidéo de test qui a stupéfié l’équipe.

Une page du document de projet contenait diverses images de référence, de motifs de samouraï, y compris des drames d’époque, et quand Inazumi a vu une image de l’anime Kimetsu No Yaiba, il a pensé : « C’est ça ». Représenter des drames d’époque avec des sculptures sur bois est une expression très « japonaise », mais qu’est-ce que cela signifie vraiment d’avoir une expression « japonaise » ?

Il a alors pensé à la Japanimation, très appréciée dans le monde entier, et a décidé de mettre en scène les scènes d’actions en stop-motion à la manière decelle-ci. Inazumi a toujours été conscient du travail de la caméra, de la sensation de l’objectif et a de l’expérience dans l’intégration du ralenti dans son propre travail. En travaillant sur la vidéo de test d’Hidari, il avait une idée claire de ce qu’il voulait accomplir.

Le premier jour du tournage test, nous avons essayé de découvrir quel genre de poses iraient bien pour Jingoro, ce qui était complètement différent d’avec une marionnette normale. Dès le deuxième jour, nous avons essayé de trouver des poses clés basées sur les mouvements d’action dans le storyboard, posant Jingoro tout en vérifiant les angles. Dans un film stop-motion typique, les images clés sont arrêtées à des points clés pour créer des poses, similaires à ce que l’on ferait avec de l’animation traditionnelle. Cependant, après avoir posé Jingoro, nous voulions le déplacer un peu plus, alors nous avons créé la pose de l’image suivante, puis la pose suivante… Nous avons fini par commencer à l’animer, en allant bien au-delà de ces images clés.

(Dans les coulisses de la séquence de test dans laquelle se trouve un plancher rotatif et un changement d’objectif à mi-parcours.)

C’est ainsi que la vidéo de test a été créée. Alors qu’Inazumi avait une idée des mouvements d’action à l’esprit en plus du storyboard du réalisateur, il a proposé le plan le plus approprié pour chaque scène pendant le tournage, y compris quand changer d’objectif et comment cadrer l’action. Ce processus était similaire à la façon dont les acteurs d’un drame en live action improvisent sur le plateau. Inazumi a toujours pensé que la force d’une animation dépend de la possibilité de passer du plan de départ au suivant via la trouvaille de bons mouvements inattendus durant le processus d’animation.

Le processus de création de l’animation en stop-motion consiste à la construire image par image. Inazumi nous a prévenu que si les animateurs privilégiaient la fluidité en faisant de petits mouvements, il y avait un risque de perdre une « image clé agressive ». Le terme « d’image clé agressive » désigne une pose de marionnette parfaite combinée à une focale optimale pour créer une image saisissante semblable à la scène d’un manga. Inazumi considère la création de ces « images clés agressives » comme l’aspect le plus crucial de l’animation car elles augmentent la probabilité que les spectateurs conservent l’image vue en mémoire.

Supposons qu’une animation manque de pose d’image clé optimale et de distance de caméra pour la marionnette, mais que le moment du mouvement est exceptionnel. Dans ce cas, les téléspectateurs ne retiendraient que la douceur des mouvements. Bien que le mouvement soit crucial, Inazumi souligne l’importance de mettre en valeur la beauté de la marionnette faite à la main et de transmettre efficacement son histoire nécessite des « images agressives ». Ainsi, malgré le tremblement des images intermédiaires, il anime avec une détermination inébranlable pour obtenir les angles et les poses idéaux dans les images clés.

La possibilité de rapprocher l’objectif de la caméra de l’action est unique au stop-motion.

Inazumi a souligné l’importance de maîtriser la pose parfaite, qu’il a apprise de ses mentors et appliquée à ce projet. En conséquence, les scènes d’action d’Hidari sont devenues époustouflantes, donnant l’impression que chaque image était une image clé. Inazumi a habilement intégré la Japanimation et les perspectives exagérées, les expressions et la sensation du scope du manga dans notre animation en stop-motion, donnant naissance à un nouveau genre que l’on a appelé « action en stop-motion ».


Pour financer Hidari, il suffit de contribuer au Kickstarter. Dépêchez-vous, il ne reste que deux semaines pour contribuer à ce projet faramineux produit par Whatever co. en collaboration avec les incontournables studios de stop-motion que sont Dwarf Inc. (Les deux séries Rilakkuma, Mogu & Perol) et Tecarat (Le petit renard Gon) !


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