Critique – Krypto et les super-animaux



Krypto et les super-animaux, réalisé par Jared Stern (aussi scénariste sur Lego Batman le film), a débarqué en salles ce mercredi 27 juillet :

Krypto le Super-Chien et Superman sont les meilleurs amis inséparables, partageant les mêmes super pouvoirs et combattant le crime côte à côte à Métropolis. Cependant, lorsque l’homme d’acier et le reste de la Justice League sont kidnappés, Krypto doit convaincre un groupe hétéroclite d’animaux de maîtriser leurs nouveaux pouvoirs pour une mission de sauvetage.

Le film installe rapidement le nœud émotionnel de l’histoire qui se situe dans la relation fusionnelle entre Krypto et son super-maître. Krypto se sent menacé et angoissé à l’arrivée officielle de Lois Lane dans la vie de Superman. Cette relation fait écho à celle de Lulu, une hamster chauve de laboratoire, complétement obsédée par Lex Luthor et bien décidée à impressionner le maître de ses rêves.

La diabolique Lulu est suivie par une bande de hamsters puissamment débiles, notamment Marvin et Keith, offrant un spectacle des plus hilarants. Le contraste entre le comportement des rongeurs et leurs nouvelles capacités fonctionne à merveille dans la violence comique.

Heureusement, Krypto croise le chemin d’animaux de refuge subitement dotés de super-pouvoirs : Ace le bulldog devenu indestructible, Merton la vieille tortue super rapide, PB la cochonne multi-forme et Chip l’écureuil électrique. Chacun d’entre eux possède un arc ou une sensibilité qui va permettre à Krypto de s’ouvrir sur le monde qui l’entoure. La révélation personnelle de Ace est particulièrement touchante et consciente dans son vécu d’animal de compagnie. Preuve en est, on en parle en sortant de la séance tant l’histoire est juste.

Ce long-métrage possède aussi une bonne dose de comédie via la fine équipe qu’est la Justice League, Batman et Aquaman en tête. Cette itération du chevalier noir vaut le détour dans son intensité et son côté drama queen. On peut ressentir l’influence du BatMetal sur chaque centimètre de latex. Aquaman, quant à lui, s’inscrit parfaitement dans la lignée de la série Batman : L’Alliance des héros par son côté naïf et bravache.

Le chara-design de la Justice League s’accorde avec les animaux dans sa stylisation cartoon, mais des détails modernes sont notables. On apprécie les formes généreuses de Green Lantern et les bras musclés de Wonder Woman. Elles peuvent soulever qui elles veulent, quand elles le veulent.

L’action, toujours punchy, se déploie dans une Métropolis aux buildings à l’influence art nouveau à tomber par terre. On peut aussi se régaler des compétences du studio Animal Logic au travers du prologue, parfaite reconstitution de la planète Krypton du premier Superman (1978). Dans son ensemble, Krypto et les super-animaux met la pâtée en dormant à StarDog et TurboCat et on comprend aisément l’intérêt de Netflix dans l’acquisition du studio australien tant ils ont su montrer leur polyvalence dans leurs différentes créations.

Le casting vocal français oscille entre l’utilisation de voix classiques à l’univers super-héroïque : David Krüger en Krypto, Adrien Antoine en Batman et Christophe Peyroux en Ace, et l’utilisation de star talent. Muriel Robin et Denis Brogniart s’en sortent bien dans l’incarnation du binôme maléfique Lulu et Lex, tandis que Soprano se casse les dents dans l’exercice difficile du personnage de Chip. Il est à noter que le casting orignal possède encore plus de stars que notre version maison du film, à commencer par Dwayne Johnson dans le rôle du héros.

Il n’est donc pas surprenant de découvrir au générique la société de production de l’ancien catcheur, Seven Bucks, qui remplace ici l’ancien partenaire financier qu’était RatPac (la boite de production de Brett Ratner, éjectée par Warner après les révélations de ses abus sexuels) et assoit un peu plus la montée en puissance de The Rock au sein du DC Universe, un pari qui sera définitivement gagné avec le box office de la future sortie en live action Black Adam.

Krypto et les super-animaux arrive à trouver l’équilibre entre une histoire émotionnelle en lien avec les animaux de compagnie et un humour bête mais efficace qui vous fera passer un excellent moment. Il est recommandé aussi bien pour fuir la canicule que pour simplement s’amuser entre ami.es ou en famille.



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