Avec la sortie de Mirai, ma petite soeur, c’est l’occasion de revenir sur les œuvres de Mamoru Hosoda. Aujourd’hui, Les Enfants Loups, Ame et Yuki ! Ce film est sans conteste mon préféré des longs-métrages de Mamoru Hosoda. Vous pouvez d’ailleurs retrouver les détails de production et la bande-annonce dans l’article consacré écrit par Coralie !

Hana et ses deux enfants, Ame et Yuki ont une vie est simple et joyeuse, au cœur de la ville, mais ils cachent un secret : leur père est un homme-loup. Quand celui-ci disparaît brutalement, Hana décide de quitter la ville pour élever ses enfants à l’abri des regards. Ils emménagent dans un village proche d’une forêt luxuriante…

ame et yuki les enfants loupsC’est avant tout une histoire d’amour. Entre une jeune étudiante et un jeune homme-loup solitaire qui, à deux, construisent leur propre quotidien, avec un secret lourd mais sans importance pour leur attachement. Une histoire d’amour inconditionnel d’une mère pour ses deux enfants. La responsabilité de les protéger d’un monde intolérant, et l’engagement de ne prendre aucun parti entre le monde des humains et le chemin des loups…

La figure paternelle principale disparaît rapidement (le père n’est pas nommé une fois dans le film, il n’a que le nom de « papa ») au profit de figure d’autorité masculine comme le vieux Nirasaki, ou le Maître de la forêt. C’est un choix assumé du réalisateur qui préfère la mise en avant de la figure de la mère :

« Dans mon cas, je suis surtout intéressé par la vie des femmes car j’estime que leur vie est beaucoup plus cinématographique que celles des hommes. Leur vie est jalonnée de décisions cruciales. Peu importe d’ailleurs lesquelles : leurs décisions sont toujours justes. » Interview de Mamoru Hosoda sur CoyoteMag

 

Mais et bien évidemment, c’est surtout une histoire de l’enfance. Celle d’Ame et Yuki, les enfants loups. Ce que veut dire grandir avec une absence. Ce qu’est la fraternité, ici, elle est symbolique. Ils sont un seul et même élément. Celui de l’eau (imaginaire du temps et de la transformation, je vous en avais parlé dans La Traversée du temps), et ils sont deux tempéraments : la neige (Yuki) et la pluie (Ame). Yuki est l’aînée, son caractère plus franc et aventureux s’oppose à celui plus réservé et plus mélancolique d’Ame.

ame et yuki les enfants loups

[SPOILERS] L’inversion totale des choix entre Ame (qui refuse d’être un loup par peur du monde) et Yuki (qui aime être puissante et libre en louve) est une belle image, et un joli pied de nez à ces injonctions que l’on entend trop souvent dans l’enfance « vu son caractère, il sera comme-ci. Quand elle était petite, elle était déjà comme ça. »

Tout comme les volontés des personnages divergent, le film met en scène une opposition ville et village. Flagrante et pertinente. Elle représente bien les deux facettes de la vie qui animent Hana, Yuki et Ame. Celle où l’on s’adapte aux autres, à la proximité des humeurs sociales, et celle que l’on adapte à nous, celle que l’on construit, qu’on travaille à-même la terre et qui nous récompense de son autonomie, de sa nourriture et de son respect. 

Le dessin est pastel, l’animation est douce et féerique, malgré des thématiques brutales et émotionnellement chargées. (Oui, je regarde toujours ce film avec un filtre d’eau permanent devant les yeux). C’est une fantasy simple, la magie est assumée dans son étrangeté poétique mais pas fantasque ni exubérante. Exemple : Les enfants se transforment en loups au gré de leurs humeurs, ce qui est une métaphore plaisante et évidente pour les parents, et m’a rappelé ma propre enfance et adolescence.

ame et yuki les enfants loupsÀ la musique, on trouve Masakatsu Takagi (Le Garçon et La Bête et Mirai, ma petite soeur). Une bande sonore qui vous replongera instantanément dans l’univers, où que vous l’écoutiez. Personnellement, j’aime à l’écouter les journées de pluies et de grands froids… 😉

Pour moi, Les enfants loups, Ame et Yuki est un conte sur l’apprivoisement social, l’intégration des normes que la société et nos parents nous transmettent malgré eux. Ce qu’implique nos origines, et l’influence des directions que l’on prend, avec ce grand pouvoir que nous avons dans la possibilité de choisir envers et avec tout.

5 Comments

  1. Pingback: Critique - Le Garçon et la bête - Little Big Animation

  2. Pingback: Découvrez les films et les invités de la 3ème partie de "100 ans de cinéma japonais" ! - Little Big Animation

  3. Pingback: Quoi de neuf chez Science Saru ?

  4. Pingback: "The Boy and the Beast" titré, quelques infos sur sa promo !

  5. Pingback: "Violet Evergarden : Eternité et la Poupée de souvenirs automatiques" prévu pour le 15 janvier 2020. - Little Big Animation

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *