L’un des avantages du Stuttgart Trickfilm International Animated Film Festival 2020 en ligne, ce sont la grande variété de sélection de courts-métrages. Entre découvertes et rattrapages, Nicolas et moi vous proposons une sélection des courts qui nous ont tapé dans l’œil durant cette semaine de l’ITFS.

Acid Rain 

Réalisé par Tomek Popakul

Quelque part en Europe de l’Est. Une jeune femme s’enfuit de sa ville natale déprimante. C’est alors qu’elle rencontre Skinny, un mec bizarre quelque peu instable qui vit dans un camping-car et fait des courses pas très légales.

Ce court métrage offre une esthétique géométrique, colorée et particulière tout à fait audacieuse que l’on peut rapprocher d’un jeu vidéo indépendant d’exploration intérieure. Malgré ce pari esthétique osé, il est toutefois difficile de rester accroché au voyage de cette jeune femme tant il se perd dans un rythme inégal.

Muriel

Sororelle

Réalisé par Frédéric Even et Louise Mercadier

Trois sœurs doivent affronter un cataclysme : la submersion prochaine des terres où elles vivent par la Mer. Face au chaos, l’union sororelle est bouleversée et chacune vit l’imminence de la mort, en son for intérieur, de manière différente.

Grosse attente de ce festival ! Sororelle se déploie dans une ambiance de western apocalyptique avec la latence de l’attente de la vague qui va bouleverser la vie de ses héroïnes. En filigrane, la résilience se dessine sous les différentes personnalités des sœurs, de l’acceptation du changement au rejet de la situation. On vit cet événement majeur avec elles ce qui entre entre en résonance avec la situation actuelle. Un court à voir si vous en avez l’occasion !

Muriel

Boriya

Réalisé par Sung-ah Min

Un été, dans la campagne coréenne. Bori, une fillette de 7 ans, s’ennuie dans la ferme familiale. Tout le monde est occupé, sauf elle, car c’est la saison des récoltes. Elle cherche désespérément quelqu’un avec qui jouer… mais rien ne se passe comme elle l’avait imaginé.

Découvert grâce à l’article de Muriel, la délicatesse du court-métrage de Sung-ah Min est saisissante, rappelant ces après-midi plein d’ennui chez les grands-parents, loin de tout. La précision de l’animation et la minutie des décors sont un atout indéniable pour cette fenêtre à la fois dangereuse et apaisante à propos d’une errance juvénile me laissent espérer que le travail de cette réalisatrice en touchera plus d’un.e !

Nicolas

Au pays de l’aurore boréale

Réalisé par Caroline Attia

Colin, depuis la mort de ses parents, habite chez Karl, son grand-père. Quand Karl part chasser le narval, Colin se retrouve passager clandestin de sa maison-traîneau. Il devra surmonter ses peurs et apprendre les secrets du Grand Nord.

Encore une découverte due à Muriel (qui a interviewé la réalisatrice), Au pays de l’aurore boréale use du trope de l’orphelin mais son cadre polaire est idéal pour aborder la solitude de ses personnages et la fabrication d’un lien à travers une quête réunissant grand-père et petit-fils, avec une prime une esthétique stylisée de toute beauté.

Nicolas

Cats can’t swim

Réalisé par HaiLing Morgan

Un jeune chat avec un rêve insensé fait de son mieux pour  mettre toute les chances de son côté.

Découvert dans la sélection jeunesse, on suit le parcours d’un petit chat qui tient absolument à participer à une compétition de natation. Ce court est touchant dans sa présentation de la détermination de notre jeune protagoniste, on le voit échouer plusieurs fois et toujours recommencer tout en préservant son amour pour les sports aquatiques. Dans une animation traditionnelle aux teintes pastelles, le character design ne tombe pas dans les clichés ce qui est à remarquer. Il s’agit d’un court que je souhaiterais voir diffuser largement en France pour qu’il soit partagé par les plus jeunes.

Muriel

Cosmonaut

Réalisé par Kaspar Jancis

Un vieux cosmonaute vit aujourd’hui le même type de quotidien dans son HLM de béton que lorsqu’il était jeune dans une station spatiale. Comme avant, il effectue d’héroïques missions et regrette l’absence de sa famille qu’il a laissé sur la terre ferme. Sa famille, elle, voit la situation d’un autre œil. Ce vieil homme sera-t-il capable de se conformer aux normes de la société ? Un  cosmonaute reste un cosmonaute. Jusqu’au bout.

Après un détour par le long-métrage avec Capitaine Morten et la Reine des Araignées, ce sacré Kaspar Jancis est de retour dans le court-métrage avec Cosmonaut, un petit itinéraire de la sénilité, coincée entre les souvenirs et le présent où notre cosmonaute se met autant en danger que son petit fils, le tout enrobé du poids de la charge mentale de sa fille, toujours aux aguets. Avec son style graphique dépouillé hérité de ses précédents courts, Kaspar Jancis nous gratifie d’une histoire loufoque et d’un humour acide dans la droite lignée de Piano et Villa Antropoff.

Nicolas

Chicken of the Dead

Réalisé par Julien David

Bernard Lepique est à la tête de Quasi, une entreprise spécialisée dans la fabrication de poulets mi-bio, mi-antibiotiques. Lors du lancement de sa nouvelle gamme de poulets, tout ne se passe pas comme prévu.

Quelque part entre du George A Romero et les cinglé de la Troma, Julien David dégaine ce Chicken of the Dead qui n’aurait pas dépareillé dans une compilation à la Love Death & Robots. Avec ici une esthétique déglinguée tenant du Bill Plympton en pleine crise d’hystérie qui correspond parfaitement au propos, et dont les transformation grotesque et burlesque vous feraient devenir végétarien.

Nicolas

La vie de château

Réalisé par Clémence Madeleine-Perdrillat et Nathaniel H’limi

Orpheline, Violette, 8 ans, part vivre avec son oncle Régis, agent d’entretien au château de Versailles. Timide, Violette le déteste : elle trouve qu’il pue, elle décide alors qu’elle ne lui dira pas un mot.

Sur fond d’après attentat, la jeune Violette va devoir faire son deuil et construire sa nouvelle vie avec son oncle Régis qu’elle ne connaît pas.Ce passage d’une vie à l’autre agite la jeune fille au sein de son environnement scolaire et la confronte aux non dits des autres parents qui préfèrent chuchoter que parler ouvertement. Cette adoption mutuelle entre l’ogre Régis et elle va remuer des souvenirs douloureux, mais ensemble ils vont avancer tout en poésie et rituels au Château de Versailles. Avec son animation ronde aux couleurs vibrantes, on ne sort pas indifférent de La vie de château.

Muriel

Wade

Réalisé par Bhattacharyya Upamanyu et Kalp Sanghvi

Calcutta rendue invivable par la montée du niveau des mers. La situation vire au cauchemar lorsqu’une famille de réfugiés climatiques est attaquée par un tigre dans les rues inondées.

Dans un Calcutta dévasté, on suit le voyage de fortune d’une jeune femme aveugle accompagnée par un petit groupe d’habitant. Les tigres surgissent alors, s’en suit une tension très longue entre le groupe et les tigres jusqu’à l’apparition de la deité félidée. Le travail sur l’expressivité des tigres est impressionnante car on passe du cartoony à la puissance de la musculature animale de façon très fluide. On assiste à une aventure spirituelle sur le cycle de la vie portée par une animation remarquable. Ce court est une autre surprise à suivre de près, ainsi que le studio indien Ghost Animation pour leur réalisation.

Muriel

La tête dans les orties

Réalisé par Paul Cabon

Bastien et ses deux amis entrent dans la zone interdite. Au cœur des ruines et de la brume toxique, quelque chose attend…

Après Le futur sera chauve, Paul Cabon est de retour avec La tête dans les orties, une histoire initiatique et fantastique qui emmène un jeune garçon au fin fond d’un endroit mystérieux hanté par des zombies flippant et une force chtonnienne donnant accès à un pouvoir convoité. Quasi sans dialogue, le quart de cette nouvelle production chez Vivement Lundi ! passe à la vitesse de l’éclair et m’a fait regretter qu’elle ne dure pas plus longtemps, preuve de la maîtrise de son économie narrative. J’ignore si Cabon est tenté par le long-métrage (qui certes possède bien plus de contraintes) mais tout ici invite à en voir plus !

Nicolas

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