Critique – My Little Pony : Nouvelle Génération

Le 24 septembre, Netflix et Boulder Media proposent un nouveau film My Little Pony : une Nouvelle Génération qui arrive sur les écrans après la saga de Lauren Faust (une série de 9 saisons qui a connu sa fin en novembre 2020, ainsi que plusieurs métrages dont un long métrage sorti en 2017). Le film est réalisé par Robert Cullen et Jose Ucha, on trouve au scénario Gillian Berrow et Tim Sullivan.

Porté par un casting aussi enthousiasmant que pétillant (Vanessa Hudgens, Kimiko Glenn, James Marsden, Ken Jeong, Sofia Carson…), le film tente de s’inscrire dans la lignée d’une licence qui n’a plus rien à prouver et qui a su marquer une génération d’enfants et d’adolescents. Cinquième incarnation de la série, que peut apporter ce nouveau long-métrage à la licence déjà bien complète ?

 

L’inimaginable s’est produit… Equestria a perdu sa magie ! Les poneys, les licornes et les pégases ne sont plus amis et vivent maintenant séparés. L’idéaliste Sunny est pourtant bien décidée à trouver un moyen de ramener l’enchantement et l’unité dans leur monde. Faisant équipe avec la licorne au grand cœur Izzy, le duo va voyager vers des terres lointaines où il rencontrera les charismatiques et courageux pégases Ruby et Zipp ainsi que le toujours sérieux poney Hitch. Leur mission est pleine de mésaventures mais ces nouveaux meilleurs amis possèdent chacun leur propre don, unique et spécial qui est peut-être tout ce dont ce monde de poneys a besoin pour restaurer la magie et prouver que même les petits poneys peuvent faire toute la différence.

Sommes-nous vraiment à Equestria ?

Un écran arc-en-ciel, une envolée musicale pleine de cuivres et de paillettes, un rassemblement de 5 poneys multicolores plein de courage… Oui nous sommes bien dans My Little Pony et the friendship is magic ! Jusqu’à ce que la voix de Rarity prenne une allure virile et que ses yeux lancent des lasers ! Et non, nous sommes dans une fantasmagorie animée par des petits poneys aux textures plus épaisses et réalistes que leurs homologues en deux dimensions. L’histoire de nos héroïnes gardiennes de l’amitié n’est plus que ça, une histoire qu’on se raconte avec nostalgie car l’entente est au passé… Sunny, Sprout et Hitch se disputent donc sur la véracité de la mésentente entre les trois espèces d’Equestria.

L’introduction du film est posée et l’enjeu nous attrape, défaire ce qui avait été fait pendant plusieurs saisons, et de le pousser à l’extrême ? Ca c’est une idée ! Que s’est-il donc passé ?  Car maintenant, ce n’est pas l’amitié qui règne chez Equestria mais une discorde frontalière véhémente : Chez les poneys terrestres, c’est la peur qui prime, terrorisés d’être frappés par des êtres volants ou lobotomisés par la magie. Chez les pégases, personne ne vole, si ce n’est la famille royale et on blâme les licornes de cette perte, les poney terrestres étant trop stupides… Et chez les licornes, la magie n’existe plus et la joie s’en est allée, on craint le pire alors la superstition rend la population farouche et alerte… Que faire ? Sunny et son père n’en savent pas plus que nous, mais ne perdent pas l’espoir que tout change à nouveau.

Une véritable nouvelle génération, naturellement inspirée

Oui, l’animation a bien changé, l’esthétique est très peaufinée, les crinières fluides, les visages crédibles, les robes duveteuses. Le doublage est de qualité, bien énergique et assumé. Il y a la présence de 6 chansons, ce qui, sur un film d’1h30, représente bien la part attendue d’une licence qui propose au delà de la couleur, une bonne dose de rythme. Elles ne font pas taches dans le décor et sont assez agréables à écouter. L’hommage à la série précédente est réaffirmé plusieurs fois, par de petits personnages en bois à l’image de nos anciennes camarades, Sunny porte des badges ornés des cutie-marks de Twilight, Rainbow et Fluttershy, il y a même une peluche de Spike dans la chambre de Sunny enfant et son père portait l’emblème de Twilight en collier.

Sunny devenue grande est le personnage de l’espoir, elle vit dans un phare et fait de son devoir de guider l’autre vers la lumière… enfin, vers la magie de l’amitié surtout. Elle correspond à l’archétype de l’héroïne déterminée et motivée par sa volonté de faire le bien. Izzy, la licorne, est l’énergie de la joie et de l’optimisme, elle représente la notion de jeu et d’entrain, moins excentrique qu’une Pinkie Pie, elle trouve sa place de manière plus douce et posée. Zipp la pégase est plutôt l’étendard de l’action et de la controverse, elle rêve de liberté et de vol, ne supporte plus de vivre dans le mensonge. Pipp (ou Ruby en VF)  la pégase influenceuse est l’image de la vanité ludique. Elle veut être une égérie du glamour et répandre la beauté autour d’elle, mais certainement pas au prix d’une possibilité du retour de la magie. Hitch, le poney terrestre, est le meilleur ami de Sunny, il est loyal et honnête, il suit les règles non pas pour faire régner l’ordre, mais pour rassurer une population de poney craintive. Vous l’aurez compris, on retrouve ici les éléments de caractères nécessaires à un équilibre de l’amitié, de l’entente sociale et d’un rythme d’aventure efficace. Pour autant, les personnages ici sont légèrement plus subtils, moins contrastés que la version précédente. Ils sont plus réalistes et leurs modulations les rendent plus crédibles dans leurs discours…

Exception faite pour le personnage de Sprout (Boutchou en VF), un poney frustré de gloire et avide d’ordre par la terreur ! Il fallait bien un antagoniste physique à l’histoire ! Le duo mère-fils rappellera un peu celui de Marraine La Bonne fée et Prince Charmant dans Shrek, mais sous des airs de glamour, de maternalisme plus marqué, ce duo est beaucoup plus critique sur son alimentation de la peur. La mère Cloverleaf est designeuse de mode, confectionnant des tenues pour se défendre des autres espèces et fabriquant des machines à capturer les peurs. Les fans des défilés de Rarity auront leur scène de retrouvailles ! Sprout quant à lui, devient un leader de la peur avec l’ensemble des codes à porter : culte de la personnalité, propagande publicitaire et mise au norme des caractères et habitudes.

Mon avis de fan

Personnellement, je craignais que ce film arrive trop tôt dans l’histoire de la licence et qu’il ne parvienne pas à se renouveler. J’ai fait erreur et c’est avec enthousiasme que je le recommande aux fans de la série. Une série est prévue en streaming pour les années 2022 et 2023, de nouveau en animation numérique, narrant les aventures de Sunny et de ses nouveaux amis. Si la série devrait toucher aux aventures caractérisées et traditionnelles, le film est quant à lui agréable à voir et nous invite à penser l’amitié comme une entente plus globale, qui n’a pas nécessité d’être portéé par des gardien.nes en particulier. Il invoque une responsabilité plus collective qu’il faut alimenter par du dialogue, le courage d’aller à la rencontre d’autrui, il rappelle qu’on ne peut se baser sur des rumeurs sans fondements et de fausses représentations. (Dans une époque où tout est réseaux sociaux, donc image, je trouve le message intelligemment amené).

Une belle petite quête pleine de couleurs, de chants, de bonnes émotions et volontés. Une authentique aventure de petits poneys, donc.

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