En l’absence de D23 pour cause de COVID, Disney a présenté à ses investisseurs un raz de marée de films et séries, autant de contenus qui seront à court ou à moyen terme sur leur plate-forme de streaming Disney +, durant un événement de quatre heures qui souligne surtout l’omniprésence de l’ogre médiatique qu’est devenu le groupe depuis les années 2000. Tout en évoquant un peu les conséquences sur le cinéma alors que le gouvernement français a décidé de prolonger la fermeture des lieux culturels pour trois semaines, retour sur les films et les séries animées présentées hier.

Les films Disney Animation et Pixar annoncés (ou confirmés)

Raya et le dernier Dragon sera disponible à la fois en salles et en PVOD aux USA

Suivant leur propre décision de proposer Mulan en PVOD aux USA, Disney donnera le choix au public entre sortir au cinéma ou jouir de Raya et le dernier Dragon en Premium VOD via Disney +. Quand on voit le chantier que l’équipe du nouveau président a devant lui pour sortir sa population de la pandémie et l’état des salles sur le territoire des Etats-Unis, difficile d’imaginer le public faire autrement que de payer un premium pour profiter du film. Raya est toujours prévu par Disney au cinéma en mars 2021, mais tout dépendra de la situation sanitaire chez nous, ce qui pourrait faire se répéter le cas de Soul.

Prévu en juin 2021, Luca, le prochain long-métrage Pixar réalisé par Enrico Casarosa pourrait subir le même sort si la situation américaine n’est pas résolue d’ici là. Fin 2021, en novembre pour être précis, Disney Animation prévoit Encanto, la fantastique famille Madrigal de Byron Howard et Jared Bush, co-réalisé et co-écrit par Charise Castro Smith, avec des chansons en anglais et en espagnol de Lin-Manuel Miranda. Â part un petit teaser visible ci-dessous, qui nous confirme que cette comédie musicale sur les chaos d’une famille se déroule bien en Colombie, rien de très concret à se mettre sous la dent.

Plus loin, en 2022, Pixar a enfin annoncé le long-métrage de Domee Shi (l’excellent Bao), la première réalisatrice seule aux commandes d’un long métrage du studio. Turning Red aura pour sujet Mei, une jeune fille qui se transforme en un panda Panda roux géant à chaque fois qu’elle est envahie par l’émotion. Le film, qui a pour directrice artistique Maddie Sharafian (Burrow, We Bare Bears) et en head of story Bill Presing est prévu pour le 11 mars 2022.

Turning Red de Domee Shi devrait sortir dans des salles libérées des contraintes sanitaires

Toujours en 2022, Pixar a annoncé un spin off de Toy Story, Lightyear, qui racontera les aventures du célèbre astronaute dont tous le monde connait la figurine. Chris Evans sera la voix originale du héros dont l’apparence a été révélée en en-tête de cet article et le film sera réalisé par le vétéran Angus Maclane (l’excellent Toy Story of terror). Lightyear sortira le 17 juin 2022, ce qui coïnciderait avec une présentation et une première européenne à un certain festival international du film d’animation d’Annecy.

Les séries et films Disney + annoncés (ou confirmés)

Après la dernière saison de Clone Wars, c’est la série Star Wars : The Bad Batch qui prendra le relais en 2021, produite par Lucasfilm Animation, et dont nous avions déjà parlé. S’ajoutent une compilation intitulée Star Wars Visions qui mettra en avant dix courts-métrages réalisés par des artistes japonais, mais aussi un spécial réalisé en collaboration avec ILM : A Droid Story qui mettra en scène R2-D2 et C3PO aux cotés d’un nouveau personnage.

Coté Pixar, et après une série Monstres et Compagnie, voici venir Dug days, adaptée de Là-haut et réalisée par Bob Peterson. Une autre série dérivée sera déroulera dans l’univers des films Cars, mais aussi Pixar Popcorn, une collection de courts-métrages centrés sur des personnages connus du studio et qui sortira sur Disney+ en janvier 2021. La plus importante (et la plus enthousiasmante) série annoncée reste Win or Lose, dont l’histoire se déroule dans l’univers du softball, produite par David Lally, réalisée et écrite par Michael Yates et Carrie Hobson.

Concept art de Win or Lose par Noah Klocek

Disney animation a annoncé un nombre considérable de séries tirées de leurs films récents : Zootopie +, Vaiana, Tiana (spin off de La princesse et la grenouille), Baymax ! (Les Nouveaux héros), autant de séries qui viendront nourrir l’ogre Disney et sa plate-forme afin de garder les usagers sur le long-terme en 2021 et 2022. ici aussi, un projet ressort : Iwájú, adapté d’une bande dessinée afrofuturiste, produit en collaboration avec la compagnie panafricaine Kugali pour une diffusion en 2022.

Iwájú fait partie des projets les plus intéressants

Côté Marvel Studios, c’est la série What if…? qui se montre avec une bande-annonce pour ses dix épisodes qui intégreront des histoires alternatives des héros de l’univers Marvel, parfois en lien avec certains films et séries live à sortir. Certains épisodes ont eu leur animation produite chez Squeeze, Blue Spirit, d’autres chez Flying Bark Animation, avec une diffusion prévue pour mi-2021.

Au rayon des licences acquises via l’achat de 20th Century Fox, ont été annoncés un long-métrage animé adapté du Journal d’un dégonflé, une série de romans de Jeff Kinney qui avait déjà eu une itération en live à partir de 2010. La franchise La Nuit aux musée subira le même traitement avec un long-métrage animé, toujours réalisé par Shawn Levy. Enfin, L’Âge de glace fait son retour via le personnage de Buck pour une série intitulée The Ice Age Adventures of Buck Wild, mais aucune information sur le sort de Blue Sky Studios n’a pour l’instant été révélée…

En conclusion

Au final, ces nombreuses nouvelles ne doivent pas cacher l’idée que malgré son soutien apparent aux salles de cinéma, le groupe Disney roule en priorité pour lui-même, et que cette volonté de capter le public via Disney + en annonçant des objectifs d’inscriptions records après le démarrage surprise de Disney + (actuellement 137 millions d’abonnés) ne doit pas cacher une donnée essentielle : toutes les plateformes de streaming, quelles qu’elles soient, ne gagnent pas d’argent. En cause des tarifs engageants qui ne remplacent pas ce que les majors peuvent gagner au box-office, même après recoupement.

On peut arguer que l’intégralité de la somme d’un abonnement mensuel leur revient intégralement, mais c’est au bénéfice pour le client d’un accès illimité à de nombreux contenus dont les budgets sont apparemment faramineux. A partir de là, que va-t-il se passer ? C’est simple : les tarifs vont augmenter graduellement, peut-être même que l’offre se fragmentera avec le temps (avec des abonnements Marvel, Disney ou Star Wars).

Aussi, après le COVID, les longs-métrages d’animation reviendront sur grand écran dans les salles de cinéma, au moins en France, où la loi de la chronologie des médias préserve le public français de ce qui va devenir un dilemme pour le public américain : entre un abonnement (et une possible majoration PVOD) restant bien en deçà du prix des tickets de cinéma pour une sortie familiale, n’y a t-il pas risque de conforter un comportement de consommation qui finira par tuer l’exploitation cinématographique ?

C’est un pari que Disney n’ose pas encore engager, laissant Warner Brothers et son line up de blockbusters day and date sur HBO Max prendre le feu, au moins pour le moment…

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