Après la légère déception du Garçon et la Bête, Miraï, ma petite sœur, dernière création de Mamoru Hosoda cette fois distribuée cette fois par Wild Bunch, était attendue avec une certaine appréhension mêlée à de l’impatience. Ce sentiment mélangé a-t-il évolué à la découverte du film ?

Kun est un petit garçon à l’enfance heureuse jusqu’à l’arrivée de Miraï, sa petite sœur. Jaloux de ce bébé qui monopolise l’attention de ses parents, il se replie peu à peu sur lui-même. Au fond de son jardin, où il se réfugie souvent, se trouve un arbre généalo-ma-gique. Soudain, Kun est propulsé dans un monde fantastique où vont se mêler passé et futur. Il rencontrera tour à tour ses proches à divers âges de leur vie : sa mère petite fille, son arrière grand-père dans sa trépidante jeunesse et sa petite sœur adolescente ! A travers ces aventures, Kun va découvrir sa propre histoire.

Miraï, ma petite sœur se révèle être un film somme de Mamoru Hosoda, au travers des thématiques fantastico-familiales qu’il traite tout au long du film. On retrouve cette persistance du lien aussi bien réel que légendaire entre les générations, déjà présent dans Summer Wars. Ce rattachement se fait par le biais du cœur même de la maison familiale, un jardin intérieur où se dresse un arbre aux vertus révélatrices. L’arbre, figure importante dans la cinématographie d’Hosoda, sert à la fois d’échappatoire au jeune Kun mais aussi de prise de conscience plus ou moins violente de ses multiples colères et frustrations vis-à-vis de sa petite sœur.

D’ailleurs, l’architecture même du foyer surprend par son étendue linéaire, depuis sa présence minimale dans une rue résidentielle jusqu’à son étrange évolution pour accueillir le nouveau-né. Cette manière de placer ses personnages au sein d’une maison horizontale ancre les échanges et discussions dans un quotidien direct qui se déroule à l’image de scénettes emboîtées et lisibles pour le jeune public. On notera quand même que cette dernière est difficilement praticable pour un jeune enfant, mais sert indéniablement la narration au travers de cette mise en scène rappelant le théâtre par son alignement de pièces ouvertes.

Le point fort de ce dernier long-métrage réside dans la dépiction du jeune Kun en proie à la jalousie et l’incompréhension face aux changements vécus au niveau familial. On y retrouve la spontanéité, la colère et la joie qui habitent un petit garçon de quatre ans. On pouvait aisément craindre que ces différents tempéraments tombent dans de nombreux clichés ennuyeux mais heureusement la narration relève le défi d’inclure ces moments dans le récit sans leur faire perdre leur fraîcheur comme leur impact. On assiste ainsi à un nettoyage de poupées porte-bonheur à mourir de rire puis  peu de temps après dans sa salle de jeu à un caprice de Kun digne d’un mini Godzilla. On comprend rapidement que la maturité va prendre du temps à germer pour notre protagoniste.

Ce traitement honnête du personnage principal se ressent aussi chez les autres membres du foyer, notamment le père qui se retrouve à gérer maison et enfants alors que la mère reprend le travail. La figure paternelle est abordée sans ménagement dans ses interactions avec la mère et face à sa propre impuissance, car vite débordé par les nombreuses taches à effectuer et admettant qu’il est loin de tout maîtriser. Si jamais vous avez été frustré, ce qui est mon cas, par le comportement de Bob dans les Indestructibles 2, vous trouverez ici un remède démontrant une paternité réellement moderne dans Miraï, ma petite sœur.

L’animation traditionnelle portée par le studio Chizu est largement à la hauteur de leur précédent long métrage. Les expressions faciales et les postures de Kun sont particulièrement réussies, passant de l’interrogation emplies de micro-mouvements aux émotions extrêmes dépeintes de manière plus cartoony. On remarque aussi une utilisation de la 3D de façon discrète mais aussi un brin plus outrancière sur la fin, mais elle reste tout à fait acceptable et ne gène aucunement le visionnage du film.

Est-ce que Miraï, ma petite sœur m’a réconciliée avec la filmographie de Mamoru Hosoda ? Oui, sans aucun doute. Ce dernier long-métrage possède une modernité et une pertinence qui permet de l’aborder à différentes périodes de sa vie selon son bagage émotionnel et familial. Il est plus que recommandé pour une sortie en famille ou même entre amis, car il sait résonner où ça peut piquer et c’est ça qui est bon ! Vous ressortirez de la séance avec une envie de parler de sentiments oubliés ou encore tenaces, mais le film ne vous laissera pas indifférent.

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