Critique – La Pat’ Patrouille : Le Film

Avec un succès durant huit saisons, dont les quatre et cinq sont à venir en France sur Netflix, et une empreinte générationnelle immanquable, La Pat’ Patrouille prend cette fois la forme d’un long métrage sous la direction de Cal Brunker (aussi scénariste sur BigFoot Family, Monstres Academy) avec une sortie en salles le 18 aout grâce à Paramount France :

La Pat’ Patrouille part en mission pour sa première grande aventure au cinéma ! Près de chez eux, leur plus grand rival, Monsieur Hellinger, devient le maire d’Aventureville et commence à semer le trouble. C’est à Ryder et les chiens intrépides de la Pat’ Patrouille de plonger dans l’action pour l’arrêter. Tandis que l’un de nos héros se voit confronté à son passé dans cette nouvelle ville, l’équipe va trouver une nouvelle alliée : Liberty, une teckel futée et pleine d’énergie. Équipée de gadgets inédits et de nouveaux équipements, la Pat’ Patrouille va voler au secours des citoyens d’Aventureville.  Aucune mission n’est trop dure car la Pat’ Patrouille assure !

Le but principal de la Pat’ Patrouille est de sauver les citoyens d’Aventureville de diverses situations dangereuses grâce à leurs qualités et équipements propres. Dans le cadre de ce long métrage, Chase et son équipe vont devoir réparer les dégâts causés par l’ambition démesurée de Monsieur Hellinger. Les différentes séquences de sauvetage s’avèrent diversifiées et mettent en valeur les capacités de chaque chiot : de la bétonneuse de Ruben à l’avion high-tech de Stella en passant par le camion de recyclage de Rocky. La mise en scène avec sa caméra mobile et claire ajoute ce qu’il faut de tension et de relief toyétique sur les panoplies mécaniques de l’équipe de secours canine. Un soin a été apporté à ce qu’aucun chiot ne soit laissé de côté, donc si vous en avez un favori, vous ne serez pas déçu. J’ai eu un coup de cœur sur Ruben, le bouledogue anglais, car il a l’art de désamorcer des situations avec son humour… et des pancakes.

La Pat' Patrouille : Le Film

Malgré son grand nombre de protagonistes, Stella, la jeune cockapoo, tire largement son épingle du jeu dans les scènes d’action grâce à son avion haute technologie et remporte même des morceaux remarquables du film. L’introduction de Liberty, une teckel vagabonde, se fait naturellement dans le déroulé de la narration. Elle apporte ses connaissances des quartiers d’Aventureville et insuffle une idée de l’exploration urbaine rappelant Oliver et Compagnie. Son arrivée dans l’équipe est prometteuse et on peut espérer qu’elle se poursuive dans la série animée.

La rivalité entre la Pat’ Patrouille et le Maire Monsieur Hellinger (toute ressemblance avec le boss du Monopoly Uncle Pennybags est purement fortuite) révèle les conséquences d’une mauvaise politique sur l’urbanisme et le quotidien des habitants d’Aventureville. La figure du maire assoiffé de pouvoir rejoint la galerie d’antagonistes trumpien que nous avons pu voir dans le cinéma mainstream de ces dernières années : Van Helsing dans Hôtel Transylvanie 3 : Des Vacances Monstrueuses au Maxwell Lord dans Woman Woman 84 pour ne citer qu’eux. Cette prise dans un certain réalisme rend le film prenant et pertinent sur sa durée car on ne ressent pas l’heure et demie s’écouler.

L’émotion se dévoile quant à elle par le biais de Chase, berger allemand policier et héros plébiscité de la Pat’ Patrouille, qui se retrouve pris d’angoisses et de peur de l’abandon à l’idée de retourner à AventureVille. Les sentiments de dépression, largement exploités par Pixar, se sont déjà une place dans les films tous publics depuis quelques années, mais il est d’autant plus surprenant que ces affres impactent Chase de façon à ce que l’on s’identifie fortement à lui : paralysie, déni, fuite. Difficile de ne pas se sentir concerné.e par le sort du chien habituellement le plus solide de l’équipe.

La Pat' Patrouille : Le Film

Le studio Mikros Animation a fourni un superbe travail, tant sur les ambiances que sur les protagonistes motorisés, on passe avec fluidité de la netteté du grand soleil à des ambiances pluvieuses tout en reflets sur les architectures. Cette épaisseur donnée aux diverses atmosphères apporte une texture réaliste inattendue pour un film tiré d’une série animée bien plus simplifiée (rappelons-le !). L’animation des chiots et de leur engins motorisés est à la hauteur d’un film de cette envergure, seul le character design des humains pêche parfois, mais vu qu’il est hérité de la série animée, rien de grave en somme. Cette qualité se retrouve aussi dans la musique signée par Heitor Pereira que l’on connait pour ses compositions sur des films d’animation, que ce soit sur Yéti et Compagnie, Les Minions ou Angry Birds : Le Film. Il arrive à insuffler du drame sur en jouant sur des variantes du thème bien connu de la Pat’ Patrouille.

Contre toute attente, La Pat’ Patrouille : le Film se révèle être une bonne surprise car le film arrive à trouver l’équilibre entre ses nombreux protagonistes, le cœur de l’émotion nécessaire à impliquer le spectateur et des scènes d’action motorisées à faire rougir Dominic Toretto. Si vous êtes totalement néophyte de l’univers de la Pat’ Patrouille, vous ne serez pas perdus car le long métrage induit à la pédagogie nécessaire à sa compréhension. Si vous êtes déjà proches de la famille de Chase, on ne vous dit qu’une chose : Partez en vadrouille avec la Pat’ Patrouille !

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Muriel
Créatrice et rédactrice en chef de Little Big Animation, amatrice de curiosités et bizarreries animées. Vous pouvez aussi m'entendre faire grawr sur Grawr.fr !
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