Critique – L’anniversaire de Tommy


Adapté de l’œuvre jeunesse de Rotraut Suzanne Berner, L’anniversaire de Tommy, réalisé par Michael Ekbladh (Molly Monster), arrive en salles dès le 8 juin distribué par Gebeka Films :

Tommy, un jeune lapin, vit paisiblement avec sa famille dans une jolie maison, entouré de nombreux amis. Mais la naissance de sa petite sœur bouscule les habitudes et à cause d’elle, la fête d’anniversaire de ses cinq ans risque bien d’être compromise. Une drôle d’aventure commence alors pour rejoindre la maison de sa chère grand-mère…

Le jeune lapin Tommy possède un caractère difficile, voir égoïste. Vexé que l’attention se reporte sur sa petite sœur malade le jour de son anniversaire, il va décider de fuguer chez sa grand mère adorée. Du haut de ses cinq ans, il est au moins aussi borné que Kun, le protagoniste de Miraï, ma petite sœur. Il est pertinent de noter que cette exploitation réaliste du héros, qui rejette les autres pour satisfaire son propre intérêt, se fait de plus en en plus présente dans le mainstream, loin de l’idéalisation de l’enfance.

Moqué par Tommy, le père de famille se révèle être une excellente surprise car il endosse naturellement son rôle en s’occupant du bébé et en s’activant aux fourneaux. Il reste humble dans ses actions, ce qui est une bouffée d’air frais dans le cadre de la famille nucléaire qu’on nous sert habituellement dans les films à destination du jeune public.

Notre lapin, pas crétin mais buté, évolue dans un environnement campagnard ouvert à une liberté d’épanouissement et d’autonomie. Il est entouré de la responsable Julie et de son chien, des jumeaux turbulents Robin et Guillaume qui l’accompagnent dans son aventure inattendue. Leurs parents leurs accordent aisément le choix de leurs activités… du moins jusqu’à la découverte de la disparition de Tommy. La découverte de la nature prend une grande place dans son évolution personnelle, car elle est à la fois source d’apprentissage et de danger.

Tommy et Julie parcourent une forêt riche d’une esthétique dense et peinte fourmillante de détails. On ressent par ce biais l’hommage aux livres jeunesses dont est issu ce long métrage. Le chara-design du renard, le principal antagoniste, dénote par sa rondeur et sa douceur par rapport aux formes anguleuses usuellement attribuées au personnage dans les œuvres grand public. Il reste ainsi dans une zone grise plus abordable pour un regard d’enfant.

L’animation de cette grosse production européenne n’en fait pas trop et sert le propos du livre de Rotraut Suzanne Berner. Le point fort se situe sans aucun doute dans les décors dotés d’une douceur champêtre dans leurs couleurs. La musique habille l’ensemble de manière discrète sans distraire de l’intrigue, bien que certaines chansonnettes auraient pu être retranchées du métrage sans affecter son rythme.

L’anniversaire de Tommy propose une escapade bucolique en misant sur l’autonomie et la débrouillardise de ses petits lapins. En ces temps de canicule printanière, ce long métrage vous offrira une bouffée d’air à savourer en famille. Il n’est pas nécessaire d’être familier avec l’univers de l’autrice pour apprécier le film car il est un parfait point d’entrée pour les néophytes.



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