Le réalisateur français, dont on a entendu parler ces derniers mois pour avoir collaboré au scénario de Little Jules Verne, sera ici produit entre autres par les frères Dardenne (Le jeune Ahmed, primé à Cannes et actuellement en salles) et distribué par StudioCanal pour l’adaptation du conte de Jean-Claude Grumberg, La plus précieuse des marchandises, publié en janvier de cette année. Le studio Angoumoisin Prima Linea se chargera de l’animation, après La Tortue Rouge et La fameuse Invasion des Ours en Sicile.

Grumberg prend comme thématique l’holocauste et la forme du conte pour raconter cette histoire, utilisant l’ironie pour en tordre la naïveté dont on pourrait l’affubler. Le résumé du livre, pour faire une idée, ci-dessous :

Il était une fois, dans un grand bois, une pauvre bûcheronne et un pauvre bûcheron. Non non non non, rassurez-vous, ce n’est pas Le Petit Poucet ! Pas du tout.  Moi-même, tout comme vous, je déteste cette histoire ridicule. Où et quand a-t-on vu des parents abandonner leurs enfants faute de pouvoir les nourrir ? Allons… Dans ce grand bois donc, régnaient grande faim et grand froid. Surtout en hiver. En été une chaleur accablante s’abattait sur ce bois et chassait le grand froid. La faim, elle, par contre, était constante, surtout en ces temps où sévissait, autour de ce bois, la guerre mondiale. La guerre mondiale, oui oui oui oui oui.

La production regroupe aussi Ex Nihilo et Les Compagnons de Cinéma via Florence Gastaud, Riad Sattouf et Hazanavicius lui-même. Le scénario sera cosigné par Grumberg et Hazanavicius, dont il est un proche depuis l’enfance, et a pour ambition de rendre accessible la terrible expérience des camps de la mort. De manière plus surprenante, l’esthétique du film aura pour base des visuels dessinés par Hazanavicius, qui prend comme inspiration diverses sources, depuis Blanche Neige aux longs métrages japonais jusqu’à l’esthétique russe du 19ème siècle.

Après la sortie de Le redoutable, Michel Hazanavicius s’attaque donc au médium de l’animation et il sera intéressant de voir ce qui va en ressortir. Après les derniers films politique et nécessaires de ces derniers mois, depuis Parvana, une enfance en Afghanistan de Nora Twomey jusqu’à Funan de Denis Do, lauréat 2018 du cristal au Festival international du film d’animation d’Annecy, il est à espérer que les médias comprennent le pouvoir de l’animation comme langage au lieu de se cacher derrière un grand nom de réalisateur – et celui de Jean-Claude Grumberg – pour promouvoir cet ambitieux projet qu’est La plus précieuse des marchandises au public…

Source : Variety

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