Critique – 100% Loup


Après Vic le Viking, le studio 100 Animation est de retour. Cette fois-ci distribué par Alba Films, 100% Loup profite tout autant d’Halloween et des vacances de la toussaint pour attirer les familles au cinéma avec une histoire de loups-garous adaptée d’un livre jeunesse australien.

Freddy Lupin et sa famille cachent depuis des siècles un grand secret. Le jour, ils sont des humains ordinaires. Mais dès la tombée de la nuit, ils deviennent des loups-garous ! Le jour de son quatorzième anniversaire, Freddy s’attend à se transformer en loup-garou pour la première fois. Mais le soir de son initiation rien ne se déroule comme prévu et le voilà qui devient… un mignon petit caniche rose au caractère bien trempé. Sacrilège pour sa famille ! Freddy n’a plus désormais qu’un objectif : démontrer qu’il est bel et bien 100% Loup !

Originellement créé dans les pages du roman éponyme de Jayne Lyons, 100% Loup suit le jeune Freddy Lupin, dont la position d’hériter légitime de la meute de loups-garous et sa transformation en caniche le mettent au ban de cette société fermée. Convaincu de pouvoir rectifier la situation en retrouvant une pierre disparue, Lupin se retrouve au cœur d’une aventure canine mélangeant complot, quête de la vérité et découverture de soi adaptée ici par Fin Edquist assisté par Stephanie Zehnal, David Breen et Ranald Allan, pour un résultat dans les normes du genre de la comédie d’aventure.

100% loup

Si le film sait ménager ses moments de calme et n’est pas obsédé par son rythme comme d’autres concurrents, c’est toutefois un petit ventre mou qui touche la fin du deuxième acte et le début de troisième, tandis que la bande de chiens que croise Freddy, malgré des personnalité attachantes, fait un peu pâle figure face à celle de Nous, les chiens. De même, le personnage de Batty, pourtant solitaire et pleine de courage, pardonne beaucoup à notre héros, d’une bêtise souvent profonde et à la prise en main tardive.

Contrebalançant ces défauts, deux personnages : l’épatante Mme Mouton, vieille gouvernante humaine et punk qui n’en se laisse pas compter par ses employeurs et le très dérangé Mr Cripp, glacier obsédé par le fait de prouver l’existence des loups-garous et toujours accompagné d’une poupée un peu flippante, Scoop, à qui il parle comme si elle était vivante. Ces deux-là sauvent souvent le métrage de l’anémie narrative par leurs exploits, portés une animation à tout épreuve.

100% loup

L’animation du film, produite chez les australiens de Flying Bark Productions (la trilogie Maya l’abeille, Le destin des Tortues Ninja) est au niveau des productions animées  à moyen budget qui nous arrivent régulièrement de l’étranger, mais c’est ici la qualité du découpage comme des éclairages qui font la différence avec la concurrence. On est bien sur encore très loin de ce qu’offrent les gros studios américain, mais les ambiances suscitées par 100% Loup en font un spectacle à l’esthétique tout à fait agréable, une expérience que l’on imagine gagnée autant sur leurs précédents métrages que sur leur productions télévisuelles, à la qualité désormais reconnue.

Alexs Stadermann, vétéran de Walt Disney Television Animation Australia, apporte son expérience à ce projet et propose une réalisation plutôt musclée, ce qui n’est pas un mal, et l’ambiance semi-horrifique liée au loup-garou reste tout à fait acceptable pour des enfants au-dessus de 7 ans, bien qu’arrivés à l’adolescence,  ils prennent le risque de s’ennuyer un brin, le métrage n’ayant pas la même substance sociétale véhémente que Mon Ninja et Moi, également sorti cet été via Alba Films.

Faute de grives, 100% Loup remplira pleinement le contrat du film d’animation en 3D pour une séance cinéma en famille.



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