Critique – Vic le Viking


Après avoir ressuscité Maya l’abeille et plus récemment Arthur et les Minimoys, le studio 100 a entrepris d’emmener son héros de série qu’est Vic le Viking vers le grand écran. Sorti dans le déferlement de la fin d’année dernière, le film éponyme arrive le 22 avril en VoD et le 24 juin en vidéo physique. Retour sur le film d’Eric Cazes, déjà artisan de son retour en 3D en 2013.

Vic est un jeune Viking pas comme les autres : pas très costaud mais très malin. Quand son père, Halvar, le chef du village, dérobe à son ennemi juré une épée magique qui transforme tout en or, l’appât du gain sème la pagaille chez les Vikings ! Vic va alors devoir embarquer pour un périlleux voyage vers une île mythique du grand Nord pour briser le sortilège de l’épée…

Quelque part entre Hagar Dunor et Astérix, Vic le Viking tel qu’on le connait revient de loin, quarante ans après la co-production germano-japonaise en série TV et cinquante ans après sa naissance sous la plume de Runer Jonsson, le petit héros ayant même inspiré lors de son passage sur le petit écran un jeune Eiichiro Oda, futur créateur de One Piece. Revenu sur le devant de la scène grâce aux deux saisons de la série en 3D du studio 100, ce long-métrage bénéficie d’un lifting total en ce qui concerne son esthétique, abandonnant un character design pour des choix plus adaptés au grand écran, ce qui a pour résultat de transformer les personnages auparavant schématiques en des poupées très détaillées animées ici par Dreamwall.

Vic le Viking

« S’il pouvait crever ton talent, avec tout ce stress. »

Une tentative qui fonctionne bien mieux en mouvement que sur la plupart des photos du film, cette nouvelle direction artistique signée Valérie Hadida, Jola Kudela et Jan Van Rijsselberge renforçant l’aspect franco-belge des personnages et donnant un petit aspect miniature qui n’est pas déplaisant. Le réalisateur Eric Cazes a bénéficié pour son long-métrage d’un storyboard béton qui donne lieu à de très belles séquences comme celle des vagues scélérates ou même le générique de début, petit modèle de découpage et d’économie.

Après deux saisons de la série et presque 80 épisodes, on pouvait se demander ce qu’il avait encore à raconter avec le postulat du petit viking chétif mais intelligent, et le quatuor de scénaristes composé de Cazes, Sophie Decroisette, Olivier Holzy et Frédéric Lenoir en semble conscient, ne cherchant pas à réinventer la roue : le modèle de la quête est donc de mise, avec une composante importante de la mythologie Viking assez bien implémentée dans les enjeux, ce qui permet d’épicer un peu le final du film.

Vic le Viking

« Un jour j’ai eu une idée, du coup je suis devenu sous-chef »

A défaut donc d’être pleinement original, Vic le Viking se permet un humour dévastateur pour une comédie d’aventure, où quasiment tous les personnages sans exception sont conscient de leurs limitations intellectuelles, et les répliques qu’ils s’échangent font entrer le film dans le panthéon des répliques de comédies. à ce titre, il y a assez peu de temps morts et ceux qui restent bâtissent ce qui est nécessaire au bon fonctionnement dramatiques de l’histoire sans jamais entraver sa compréhension. Un atout à mettre en valeur pour les parents qui auraient peur de l’ennui devant cette adaptation principalement tournée vers les 6-10 ans, et qui montre que l’on peut s’adresser à tous sans pirater le cœur de l’œuvre.

Autre excellente surprise, la musique composée par Ute Engelhardt (déjà sur les longs-métrages Maya l’abeille) remplit très bien son rôle, alternant les moments comiques méta et modernes avec une thème classique qui semble inspiré des voix bulgares et des chants traditionnels nordiques : effet garanti. Vic le Viking n’a pas tellement eu de chances lors de sa sortie en salles, coincé entre La Reine des Neiges 2 et le très performant Famille Addams, l’occasion donc de profiter de la sortie VoD le 22 avril et en DVD le 24 juin !



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