WIP – A propos de « Garden of Remembrance » avec Naoko Yamada

WIP – A propos de « Garden of Remembrance » avec Naoko Yamada


Après sa très belle série The Heike Story, Naoko Yamada, accompagnée en distanciel par sa productrice Eunyoung Choi, a présenté Garden of Remembrance, son prochain court métrage, dans la salle Pierre Lamy lors d’un Work in Progress du Festival du film d’animation d’Annecy.

Une chambre en désordre. Des canettes de bière vides, des cadavres de bouteilles, un demi-verre de whisky. Une fille se lève d’un air absent, elle commence à se préparer. TA matinée commence. TU es paresseuse et il est dur de TE réveiller. L’émoticône, c’est MOI qui T’observe. JE TE joue des tours, tandis que TU joues de la guitare et bois. Un jour, en ville, TU croises L’AMIE D’ENFANCE en train d’acheter une Anémone que J’aimais, et, TE souvenant que JE les aimais, TU te précipites pour en acheter une. L’AMIE D’ENFANCE dispose l’Anémone avec soin. Un jour, des années après MA mort, TU entends des bruits venant du placard. En l’ouvrant, TU vois MON jardin juste en face de TOI. Émotions débordantes de MOI et TOI. En sortant de la chambre avec les souvenirs, une image de l’Anémone que TU as peinte est affichée dans TA nouvelle chambre.

Naoko Yamada et Eunyoung Choi ont introduit le concept même du court-métrage par l’importance de la musique dans leur démarche créative. La réalisatrice a présenté le groupe Lovely Summer Chan, aux accents pop, qui portera la musique du projet. Les personnages de TOI et MOI, élaborés par Etsuko Mizusawa, possèdent un air poupon et bien en chair car Yamada a souligné qu’elle souhaitait qu’ils soient tangibles pour le spectateur.

La direction artistique s’habille de couleurs pastels et gourmandes, à l’image des bonbons spirales Rizzi’s. L’extrait que l’on a pu découvrir nous dévoile de l’abstraction en vagues rosées et un bain de poésie sucrée pour s’immerger dans cet univers graphique plus éloigné qu’à l’habitude pour les œuvres de Yamada.

On a pu apercevoir un très court extrait et une note d’intention de la réalisatrice, ce qui est peu pour se faire une opinion sur la mise en scène. J’attends d’en savoir plus afin de continuer le suivi de ce projet de ce court-métrage. La hype et la curiosité sont présentes !


Suite à son expérience en tant qu’animatrice chez Kyoto Animation, Naoko Yamada réalise dans ce studio plusieurs long métrages : Tamako Love Story, Silent Voice, Liz et l’oiseau bleu. En 2021, elle rejoint le studio Science Saru et dirige la série The Heike Story.

J’ai eu l’opportunité d’échanger avec la réalisatrice sur les thématiques qui traversent son court métrage, d’une durée de quinze minutes, dont la sortie est prévue en 2023.

Pendant le panel, vous avez évoqué votre rapport à la musique et c’est aussi ce qui vous a rapproché avec Eunyoung Choi, je souhaiterais savoir quelle musique stimule votre créativité et vous pousse à animer ? Et d’un autre côté, y a-t-il une musique qui vous accompagne depuis toujours ?

Quand j’étais petite, j’écoutais beaucoup de musique pop, parce que ma mère adorait ça. Sinon j’écoute toutes sortes de musique, depuis la musique classique à la musique électronique, j’aime cet aspect varié qui m’inspire, j’aime la musique comme forme créative.

Hier, vous parliez du fait que vos films étaient associés au cinéma féminin, je pense notamment à Liz et l’oiseau bleu avec sa galerie de personnages féminins construits. Y a-t-il déjà un rapport au corps et à l’intime quand vous écrivez vos personnages ?

Avant même de composer le storyboard, dès que j’ai l’idée des personnages, je réfléchis beaucoup à leur personnalité. Bien sûr, je ne les dessine pas tous, mais je les crée au fur et à mesure de l’avancée du storyboard.

Dans votre prochain court-métrage, vos personnages ont un aspect beaucoup plus jeune, voire enfantin, est-ce que le sentiment d’enfance vous a poussé à créer cet univers très pastel dans ses couleurs ?

C’est vrai, je reconnais que les personnages font très jeunes, mais en fait l’héroïne du film est une jeune femme de vingt six ans, une adulte. C’est vrai que même à la création de l’extrait montré au Work In progress, j’ai moi même cru que c’était une enfant.

Oui, effectivement, ça surprend, elle est peut-être en recherche de son enfant intérieur…

En fait, il y a deux personnages principaux dans ce film. Il y a MOI, un garçon qui a quitté notre monde, et TOI, une jeune fille qui vit encore parmi nous. Tout le film est raconté du point de vue du garçon, c’est lui qui regarde son ancienne petite amie. C’est pour cela qu’elle a l’air très innocente, c’est comme cela qu’il la voit et la considère.

En répondant à votre question, je me rends compte qu’en écrivant le storyboard, je me suis identifié au rôle du garçon qui aime cette jeune fille, c’est certainement pour ça qu’elle est devenue de plus en plus innocente.

Lors du WIP, vous avez associé le groupe Lovely Summer Chan et la féminité, est-ce que selon votre propre expérience dans l’animation, vous avez vu votre conception de la féminité évoluer au fil du temps ?

Mon approche pour les personnages féminins que je décris dans mes films a changé au fil du temps. Le premier film que j’ai réalisé c’était Tamako Love Story avec des lycéennes dans un groupe de majorettes, j’avais l’impression d’être vraiment copine avec ces personnages. J’avais l’impression d’échanger avec elles mais aujourd’hui ce rapport là a changé. Je n’ai plus l’impression de sortir avec elles, de prendre le thé avec elles…

Je prends plus de distance par rapport à avant, mais je garde beaucoup de respect pour chacun des personnages féminins. Mon respect pour mes personnages féminins n’a pas changé mais mon parcours avec ces filles a changé.

Hier, on a pu voir une belle complicité avec Eunyoung Choi, comment décririez-vous votre relation et votre rencontre ?

Ma première rencontre avec Eunyoung, c’est lorsque que j’ai visité le studio Science Saru, j’y suis allé et elle m’a accueilli à bras ouverts. On s’est parlé naturellement de nos concepts respectifs de création, au lieu de parler de choses anecdotiques, on a parlé de choses essentielles, et ça nous a tout de suite vraiment liées.

La réalisatrice Naoko Yamada est actuellement en discussion avec Science Saru pour un futur long métrage.

Un grand merci à All The Anime, Zeina Toutounji et Florence Debarbat, ainsi qu’à Shoko Takahashi pour la traduction.



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