Le Cartoon Movie arrive à grand pas et je vous ai concocté une liste de six projets qui ont retenu mon attention. Il y a de l’animation adulte et pre-school parce que le grand écart est permis, mais aussi de la stop motion. On se voit bientôt à Bordeaux !

Of Unwanted Things and People
par David Súkup, Ivana Laučíková & Leon Vidmar

Ce projet en développement est une coproduction tchèque, slovaque et polonaise entre Maur Films (Mimi et Lisa, les lumières de Noël), Artichoke, ZVVIKS et WJTeam/Likaon :

Un vieil écrivain, devenu père plus tardivement que la moyenne, est préoccupé. Alors que ses enfants courent dans la maison, il se demande ce qu’il adviendra s’il meurt avant qu’ils n’aient grandi ? Que peut-il leur laisser ? Il commence à écrire : sur un homme qui trouve un livre capable de faire voyager son lecteur dans le temps… Sur deux garçons découvrant une hutte dont personne ne veut et ayant abritée des monstres fantastiques… Sur deux orphelins et leur étrange tante qui se change en chat quand personne ne la regarde… Sur un homme solitaire qui sait voler et devient le roi des oiseaux… Peut être les enfants apprendront de ces histoires qu’elles ont une chose en commun – elles sont à propos de la valeur cachée de « ces choses et personnes dont nul ne veut ».

Si vous avez l’habitude de me lire, vous savez l’intérêt que je porte aux projets en stop motion des pays d’Europe de l’est. Ce projet porte en lui des récits étranges permettent d’aborder la peur de la mort sous diverses itérations. Le character design attire l’œil car ils sort des tropes gothiques auxquels nous sommes habitués, notamment avec le cinéma de Tim Burton. Je souhaite voir mes intuitions confirmées lors du pitch.

In the Forest
par Joris Bergmans & Cédric Babouche

Ce projet en concept est une coproduction hollandaise et franco-belge entre Dandelooo, Submarine et Vivi Film :

Quand le Homard arrive dans la forêt avec une valise remplie de tout type de « colères » qu’il présente aux animaux, il leur explique à quelles occasions celle-ci peuvent convenir afin qu’ils puissent faire leur choix. Mais sur le chemin du retour,au cœur d’une tempête, la valise s’ouvre et laisse toutes les colères s’enfuir. Lorsque les colères s’immiscent dans les animaux, ceux-ci découvrent qu’être en colère n’est ni bien ni mal mais qu’il ne peut y avoir de colère sans joie. Et qu’est-ce qui peut être plus joyeux que l’attente d’un anniversaire ? Dans cette autre histoire, une libellule aperçoit une nuée scintillante de sable se dirigeant vers la forêt. La Fourmi dit aux autres animaux que cet être merveilleux est un Anniversaire. Mais pour qui vient-il ?

Il est notable de constater que la colère et ses manifestations sont au centre de ces différentes histoires pour un jeune public. L’esthétique peinte de l’image va permettre d’aborder ce sentiment encore trop rare dans les productions pré-school. Ces deux présupposés, ainsi que la présence de partenaires et d’artistes déjà connus suffisent à me pousser à en découvrir plus sur le projet.

Interdit aux chiens et aux italiens
par Alain Ughetto

Ce projet en développement est une production franco-italienne et suisse avec Vivement Lundi, Les Films du Tambour de Soie, Foliascope, Graffity Doc et Nadasdy Film.

Luigi et ses frères laissent derrière eux leur village d’Ughettera, la terre des Ughetto dans leur Piémont natal, pour aller découvrir «La Merica», ce pays fabuleux où les dollars poussent sur les arbres… En guise d’Amérique, c’est en Provence que Luigi posera son baluchon. Et de ses mains qui ne pouvaient plus exploiter une terre qui ne voulait plus donner, il va construire nos routes, nos ponts et nos barrages. Luigi, c’était mon grand-père, un homme au destin romanesque qui a affronté deux guerres, la misère et le fascisme, avant de rencontrer Cesira et de fonder une famille qui a grandi à l’ombre du Tour de France et de l’accordéon d’Yvette Horner. Mais son histoire, si elle est singulière, c’est également celle de centaines de milliers d’Italiens, qui ont quitté leur patrie pour s’établir en France, en Suisse, en Belgique. Et partout ailleurs.

Ce premier teaser pose l’histoire familiale en voix off , un procédé déjà utilisé dans le très poétique Jasmine. Le character design est intéressant car il présente les personnages comme sortis d’une bande dessinée franco-belge avec leur yeux tout rond. Déjà convaincue par le précédent long métrage du réalisateur, j’attends avec curiosité comment vont se tisser liens narratifs et personnels dans ce nouveau récit.

Ghostdance
par Kim O’bomsawin, Nicolas Blies & Stéphane Hueber-Blies

Ce projet en développement est une coproduction canadienne et luxembourgeoise entre a_Bahn, Mélusine Productions (Parvana), Terre Innue et Urbania :

Pour aider une jeune inconnue à retrouver son visage, Kimi, une adolescente Aborigène, commence un long voyage à travers le Canada. Dans ce voyage fantasmagorique et résilient pour rencontrer la mythologie des activistes natifs Americains, Kimi va devoir trouver les clés lui permettant de dépasser le traumatisme de la mort de sa propre sœur. 

Ce récit initiatique d’inspiration autobiographique de Kim O’Bomsawin va permettre à la jeune Kimi d’explorer ses racines afin de mieux appréhender son présent et son avenir. Ce projet possède une résonance politique forte lorsque l’on connaît les tensions que subissent les autochtones avec le gouvernement canadien. Mêler fantasmagories à sa propre histoire va permettre de porter sa voix à un public plus large.

Sidi Kaba and the Gateway Home
par Rony Hotin

Ce projet en concept est une production de Special Touch Studios (créé par Sébastien Onomo qui cherche à raconter des histoires tournées vers les cultures urbaines, l’Afrique, les Antilles, les Caraïbes et la Guyane) qui avait déjà présenté Allah n’est pas obligé l’année dernière :

A l’abri dans le ventre d’une baleine, voici le jeune Sidi Kaba commençant son incroyable aventure, où les destins de son frère et des esclaves de Sugar Island dépendent d’une bataille homérique entre les résistants, les esclavagistes et des Dieux oubliés.

Sur un scénario de Jérôme Piot, Rony Hotin se lance dans son premier long métrage. L’angle mythologique est un moyen de parler de l’esclavage, une thématique encore peu abordée dans le cinéma d’animation français. L’équilibre entre légende et violence de l’histoire est un point qui m’intéresse tout particulièrement.

Adam
par Ron Segal

Ce projet est une coproduction franco-allemande entre Movie Brats Pictures et Les Films d’Ici (Funan) :

Approchant les cent ans, Adam Schumacher, le célèbre écrivain israélien et survivant de l’Holocauste,  souffre d’un début de démence. Les événements troublant de son passé deviennent flou et avec eux la mémoire de femme bien aimée, Bella, une harpiste de talent morte quelques années auparavant. Conscient que sa fin est proche, Adam a une mission a finir : donner vie à l’histoire d’amour qu’il a eu avec sa femme, avec toute sa beauté et sa douleur, avant que tout ne disparaisse.

Cette histoire, s’adressant à un public ado-adulte, cristallise un moment à la fois fort et douloureux de l’histoire européenne. Il sera intéressant de voir comment la figure de l’écrivain sera évoquée d’autant que nous la connaissons via Le Pianiste de Roman Polanski. L’image présentée laisse entrevoir un traitement de la chair meurtrie des prisonniers assez proche d’Egon Schiele.

Bien sûr, d’autres projets seront certainement surprenants et ont le potentiel d’attirer mon attention, mais je vous en parlerai très bientôt !

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