Critique – Vivo

Après Les Michell contre les Machines et le Dragon-Génie, le troisième long-métrage produit par Sony Pictures Animation cette année nous parvient à nouveau par Netflix, ce dernier faisant partie de l’accord passé entre les deux entités suite à la crise sanitaire.

Un kinkajou mélomane s’embarque pour une aventure palpitante entre La Havane et Miami pour remettre une chanson d’amour au nom d’un vieil ami et accomplir sa destinée.

Réalisé par Kirk De Micco et Brandon Jeffords, Vivo aura une production mouvementée : un temps prévu chez DreamWorks Animation, ce projet porté par Quiara Alegria Hudes et Kirk DeMicco basée sur une idée originale de Peter Barsocchini aura été récupéré par Sony Pictures Animation après le rachat par Comcast. Pour ajouter encore un peu de piment à l’entreprise, le film est rythmé par des chansons signées Lin Manuel Miranda et une musique signée par son collègue de longue date Alex Lacamoire, tandis que le célèbre chef opérateur Roger Deakins a conseillé l’équipe sur la photographie et le rendu de la lumière.

Vivo

Profitant comme les Mitchell des avancées techniques et esthétiques initiées sur Spider-Man : New Generation, Vivo offre de multiples moments stylisés d’une beauté confondante, depuis la séquence d’ouverture aux souvenirs d’Andrés jusqu’à la très poignante scène ou le kinkajou découvre que son vieil ami ne réalisera pas son rêve, Sony Pictures Animation donne tout pour soutenir les séquences et je n’ai pas vu meilleure rythme pour une aventure musicale maintream depuis bien longtemps.

Aimer le style musical de Lin Manuel Miranda (entendu dans Vaiana et plus récemment dans D’où l’on vient) reste une nécessité, l’artiste prêtant sa voix au personnage principal avec toutefois un élément bien agréable : animaux et humains ne peuvent converser, ce qui n’empêche pas une compréhension mutuelle, ce qui bénéficiera à notre petit héros bien couard lorsqu’il rencontre l’énergique Gabi (parfaite Ynairaly Simo, chantant également une chanson écrite par Missy Elliot), l’autre membre de ce duo dynamique qui va tout faire pour rallier le spectacle de Marta Sandoval et lui transmettre la chanson d’Andrés.

Vivo

Gabi, conceptualisé comme tous les autres personnages par Joseph C. Moshier (Baby Boss, Dragons 3: Le monde caché, Voyage vers la lune) est une vraie réussite et complète avec merveille le binôme avec Vivo. Bien que ce dernier soit peu emballé par cette rencontre chaotique et l’aventure en cours, nos deux protagonistes trouvent un terrain d’entente via la musique, le manque d’un être cher (Gabi a perdu son père) et la notion de transmission.

Les péripéties qui rythment le métrage sont amusantes et prenantes et se paye le luxe de ne pas trop caricaturer certaines antagonistes, permettant de mettre en relief les incertitudes de Gabi et son retrait d’une certaine vie sociale derrière sa forte exubérance.

Le tournant vers le film de survie du deuxième acte permet également de faire évoluer le kinkajou, dont les rencontres tantôt hilarantes avec les spatules Dancarino et Valentina, tantôt dangereuse avec l’anaconda vert Lutador, ce qui mènera au point le plus critique du film. Bien qu’il soit rythmé aux petits oignons, Vivo reste néanmoins sans réelle surprise narrative, largement sauvé par l’émotion dégagée par les chansons et les différents personnages, ainsi qu’une mise en scène à cent pour cent derrière son récit.

Vivo

Le dernier acte, présenté sous la forme d’une course contre la montre, nous présente un Miami aux couleurs bariolées qui évoque une version family-friendly dans l’ambiance de Miami Vice, bateaux de courses y compris. Les différents arcs narratifs trouvent tous une clôture satisfaisante et la prestation de Gloria Estafan pour la chanson finale vous serrera le cœur, achevant de faire de Vivo un film à part entière un non une simple démarque de Coco, comme on a pu le lire chez certains esprits chagrins.

Véritable film feel good et transformatif dont un certain nombre de thématiques font écho à D’où l’on vient, mon seul regret est de n’avoir pas pu profiter d’un tel spectacle musical en salle, alors que Sony Pictures Animation traverse une vraie période qualitative depuis 2018, entachée par la triste et récente annonce du rachat par Amazon des droits mondiaux d’Hotel Transylvanie : Changements Monstres, privant le studio de toute sortie cinéma pour 2021.

Vivo est disponible sur Netflix depuis le 6 août 2021.

Image par défaut
Nicolas
Éditorialiste et contributeur occasionnel. Amateur de toutes formes d’animations. Adore fureter sur l’internet avec sa lampe frontale pour dénicher des raretés animées. Écrit ses autres lubies et obsessions pop-culturelles sur Grawr.fr.
Publications: 739