Interview Exclusive – Elaine Bogan, réalisatrice de “Spirit : L’indomptable”
Interview Exclusive – Elaine Bogan, réalisatrice de “Spirit : L’indomptable”

Interview Exclusive – Elaine Bogan, réalisatrice de “Spirit : L’indomptable”

Après Les Croods 2 – Une nouvelle ère et Les Trolls 2 – Tournée Mondiale, DreamWorks Animation dévoile son nouveau long-métrage, cette fois-ci une suite indépendante du classique Spirit, L’étalon des plaines comme de la très populaire série animée Spirit : Au galop en toute liberté tout en reprenant certains des éléments des histoires précédentes, intitulée Spirit : L’indomptable.

Lucky Prescott a très peu de souvenirs de sa défunte mère, Milagro Navarro, une cascadeuse intrépide de Miradero. Comme elle, Lucky n’aime pas les règles et les contraintes, ce qui cause beaucoup d’inquiétude à sa tante Cora. Un jour, la petite fille rencontre Spirit, un mustang sauvage et se lie d’amitié avec deux cavalières locales, Abigail Stone et Pru Granger. Lorsqu’un cow-boy sans cœur et son équipe projettent de capturer Spirit afin de le vendre aux enchères pour une vie de captivité, Lucky enrôle ses nouvelles amies pour sauver le cheval…

Réalisé par Elaine Bogan (Chasseurs de Trolls, Le trio venu d’ailleurs: Les Contes d’Arcadia) qui passe de la télévision au grand écran, co-réalisé par Ennio Torresan (head of story sur Abominable) sur scénario de Kristin Hahn, Katherine Nolfi et Aury Wallington, Spirit : L’indomptable reprend les personnages de la série diffusée sur Netflix, devenue l’un des emblème des histoires équestres, et déclinée sur tous les supports.

La production de l’animation du film fut, comme pour Capitaine Superslip, délocalisée sur un autre studio, ici en Angleterre chez Jellyfish Pictures qui, vu les premières images ont fait un travail très honorable pour un premier long-métrage d’animation dans leurs murs. Il est à noter que le studio avait déjà travaillé en 2019 avec DreamWorks Animation sur le spécial Dragons : Retrouvailles, déjà de fort belle facture.

Au casting vocal original, on retrouve dans le trio de jeune filles Isabella Merced (Dora Et La Citée Perdue) pour Lucky Prescott,  McKenna Grace pour Abigail Stone et Marsai Martin pour Pru Granger. Du côté des adultes, Eiza Gonzalez est la mère de Lucky, la cascadeuse équestre Milagro Navarro, Jake Gyllenhall est son père, Julianne Moore sa tante Cora. On retrouve également Andre Braugher en propriétaire de ranch et l’incontournable Walton Goggins en antagoniste.

A l’occasion de la sortie de la première bande-annonce, j’ai pu échanger avec la réalisatrice Elaine Bogan sur le cadre de l’histoire de Spirit : L’indomptable, sur les défis qui se sont présentés et les pièges liés au genre du western.

Elaine Bogan, réalisatrice de Spirit : L’indomptable

Spirit : L’indomptable est votre premier long-métrage, mais avant ça, vous avez une carrière déjà complète dans la mise en scène d’épisodes de séries télévisées. Cela a-t-il présenté de nouveaux défis pour vous ?

Elaine Bogan : Je dois dire que ce n’était pas du tout un défi car pendant longtemps, j’ai été réalisatrice pour la télévision et j’ai acquis toutes ces importantes compétences techniques et créatives. De ce côté, j’ai senti que j’étais arrivé à un point où je voulais tenter quelque chose de nouveau et, peut-être, revenir à l’environnement du long métrage était une bonne idée.

Vous savez, je fus et suis toujours une cavalière depuis toute petite, j’ai donc été entourée de chevaux toute ma vie et ce n’est jamais vraiment quelque chose que j’ai été capable d’incorporer dans mon travail en animation parce que, ce type d’opportunités ne se présentent pas comme ça, mais une fois que le projet du film Spirit : L’indomptable m’a été proposé, il fallait que je bondisse dessus et voir où ça allait me mener.

Comment le film vous a- t-il été confié ? Est-ce la productrice Karen Foster qui vous l’a proposé ?

E. B. : C’était, je pense, grâce à cette longue relation de travail avec Karen Foster, notre productrice, et Dreamworks Animation qui, au fil des années, a été incroyable en m’ouvrant des opportunités vraiment enthousiasmantes. Karen me connaissait, connaissait ma sensibilité, et savait que je revenais de la télévision et que j’avais acquis toute cette expérience de la réalisation, et nous avons toutes les deux ressenties que l’association des personnes présentes sur le projet serait bonne et que ce serait génial de se lancer ensemble dans un tel projet.

Spirit et Lucky Prescott (Isabela Merced)

L’univers dans lequel se déroule cette nouvelle histoire se rattache au genre du western et de la fin de cette période, avec un certain niveau de technologie pour les résidents de l’ouest désormais conquis. Quel était pour vous les clichés et les pièges liés à ce genre spécifique que vous souhaitiez éviter ou embrasser ?

E. B. : Notre histoire se déroule plus ou moins à la fin du 19e siècle, ce qui est directement lié à la série télévisée. Spirit : L’Indomptable n’est pas nécessairement une suite du premier film ou de la série télévisée. C’est une sorte d’expansion ou de chapitre suivant, un film autonome qui s’appuie et s’inspire des deux œuvres précédentes. Quand nous nous sommes lancés dans ce projet, nous, les réalisateurs et le studio avons vraiment cherché quelque chose qui parle du même monde, de la même génération, mais qui soit suffisamment contemporain pour qu’un jeune public d’aujourd’hui puisse avoir l’impression d’aller au cinéma et de voir tous ces environnements qu’ils pourraient retrouver dans leur propre jardin. Nous nous sommes donc beaucoup inspirés de tout ce qui a été fait avant nous, mais nous avons essayé de le faire évoluer vers une ambiance plus contemporaine.

Dans la bande-annonce, on peut voir de magnifiques plans extrêmement colorés et dynamiques de la mère de Lucky, sous le chapiteau, avec une stylisation des couleurs et une mise en scène très poussés. Cette impression de rêve, voire de surréalisme était-elle le but recherché pour aborder la subjectivité de ces souvenirs de la jeune fille ?

E. B. : Oui, je veux dire que je pense que vous avez mis le doigt dessus. Beaucoup de plans qui contiennent la mère de Lucky sont des plans avec lesquels nous avons joué avec l’idée que c’est une sorte de souvenir mystérieux revenant lentement à Lucky au cours du film. Cette section au début du film, sans trop en dire, où nous voyons beaucoup plus la mère de Lucky, cette scène a fait l’objet de multiples variations pour atteindre cet objectif.

Nous l’avons soumise à différents story-boarders en leur disant simplement : “Donnez-nous quelque chose qui n’a pas nécessairement de sens au niveau physique ou qui pourrait exister à plusieurs endroits en même temps, comme si vous deviez imaginer un souvenir, un rêve à quoi cela ressemblerait-il ? “Puis, une fois que nous avons défini les éléments visuels, nous avons vraiment creusé et approfondi la question : “Ok, maintenant comment faire pour que le son s’accorde avec le reste du film ?” mais nous avons aussi demandé à nos éclairagistes et à notre concepteur de la production : “Comment colorer cette scène pour qu’elle se détache d’elle-même tout en restant en continuité avec le reste…”. Cela a donc demandé beaucoup de réflexion et j’espère que cela a été une réussite sur le plan de la narration.

Le mère de Lucky, Milagro Navarro (Eiza González), dans l’une des scènes de souvenirs de Spirit : L’indomptable.

Était-ce le même processus qui vous a poussé à aller vers ce genre de stylisation pour les scènes d’action ? J’ai en mémoire la scène du train sur le lac salé…

E. B. : Oui, ceci est venu de mon coréalisateur, Ennio Torresan, et moi-même ainsi que notre concepteur de la production, Paul Duncan. Une fois qu’on a eu l’idée d’utiliser ce type d’images pour raconter l’histoire, quand quelqu’un se souvient de quelque chose, rêve de quelque chose, ou que ça ne se passe pas physiquement à ce moment-là, les images ont pris le dessus et nous épargnait ce besoin de rester logique. C’était également vrai en particulier pour les environnements avec lesquels nous devions composer, ces grands paysages ouverts. L’atmosphère et le temps qui peuvent affecter tous ces espaces et raconter une histoire différente. Nous pouvions être dans un espace donné, mais si l’atmosphère et le ton n’allaient pas dans le même sens, l’émotion qui en résulterait serait complètement différente. Nous nous sommes donc concentrés sur cela et avons essayé de le faire tout au long du film, et notre concepteur de la production s’est éclaté avec ça, pour nous proposer ce type de convergence.

Nous avons parlé du western, au niveau même de la musique du film, avez-vous été tentée par des sonorités ou évocations typiques du genre ou avez décidé d’une autre direction avec votre compositrice Amie Doherty (Undone) ?

E. B. : Oui, je pense que l’une de nos premières inspirations était sans aucun doute les vieux westerns, comme l’ambiance musicale des films de Sergio Leone, mais  nous avons essayé de rester un peu plus contemporains et de ne pas cantonner le film dans le western pour l’ouvrir à de multiples genres. Nous étions toutes les deux très fières de participer à la célébration de l’histoire d’une jeune fille qui renoue avec son héritage multiculturel mexicain.

Amie Doherty a donc pris ces deux idées : les westerns classiques et les sonorités mexicaines avec son instrumentation et son rythme, et a essayé de créer un son très distinct pour chaque personnage. Notre musique raconte aussi une histoire, elle n’est pas juste là pour rendre les choses agréables, elle soutient et raconte des morceaux de l’histoire elle-même. Je pense que tout au long du film, après avoir vu Milagro Navarro (la mère de Lucky, ndr) dans le prologue, sa musique continue de revenir chaque fois que nous voulons que le public se souvienne d’elle et, ayant vu le film dans son intégralité plusieurs fois ces dernières semaines, je pense qu’il est plutôt réussi à cet égard.

Merci pour vos réponses, j’ai hâte de voir le film terminé ces prochains mois.

E. B. : Merci à vous !

Abigail Stone (Mckenna Grace), Lucky Prescott (Isabela Merced) et Pru Granger (Marsai Martin)

Spirit : L’indomptable est prévu pour une sortie cinéma le 28 juillet 2021 (sous réserve de l’ouverture des cinémas)

 

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