Ce lundi 15 avril a eu lieu la conférence de presse du Festival International du Film d’Animation d’Annecy pour annoncer une grosse partie du programme de l’édition 2019. France, Nicolas et moi-même vous confions du coup nos impressions sur les longs-métrages en lice, en attendant de vous parler des autres surprises du festival, ainsi que sur les deux additions tardives que sont Les Hirondelles de Kaboul et J’ai perdu mon corps !

La fameuse invasion des ours en Sicile

Réalisé par Lorenzo Mattoti
Tout commence le jour où Tonio, le fils du roi des ours, est enlevé par des chasseurs dans les montagnes de Sicile. Profitant de la rigueur d’un hiver qui menace son peuple de famine, le roi Léonce décide d’envahir la plaine où habitent les hommes. Avec l’aide de son armée et d’un magicien, il finit par retrouver Tonio. Mais il comprend vite que le peuple des ours n’est pas fait pour vivre au pays des hommes.

Adapté du roman jeunesse de Dino Buzatti, La fameuse invasion des ours en Sicile a marqué le Cartoon Movie de l’année dernière. On est attiré par le choix esthétique fort qui mêle animation traditionnelle et 3D associé à des couleurs vibrantes, ainsi que par le discours politique sur cette migration des ours. Il y a de fortes chances pour que ce long métrage fasse parler durant le festival.

Muriel

Bunuel après l’âge d’or

Réalisé par Salvador Simo
Suite au scandale de la projection de « L’Âge d’or » à Paris en 1930, Luis Buñuel se retrouve totalement déprimé et désargenté. Un ticket gagnant de loterie va changer le cours des choses et permettre à Buñuel de réaliser le film « Terre sans pain ».

Adapté de la bande dessinée de Fermín Solís, Buñuel après l’âge d’or possède un énorme potentiel pour ce festival. Présent en pitch et en sneak peek sur les deux dernières éditions du Cartoon Movie, mon ressenti a évolué avec quelques réserves au départ car introduire à le surréalisme à la narration est un exercice risqué. Mes réserves ont ensuite laissé place à l’enthousiasme à la découverte des premières images en mars dernier. Hâte !

Muriel

Hâte de voir cet univers digne d’une peinture de Salvador Dali. Restons fous et folles ensemble ! Je suis d’ores et déjà conquise par la bande sonore.

France

L’Extraordinaire Voyage de Marona

Réalisé par Anca Damian
Victime d’un accident, une chienne se remémore les différents maîtres qu’elle a eus et qu’elle a aimés inconditionnellement tout au long de sa vie. Grâce à son empathie sans faille, sa vie devient une leçon d’amour.

Après Crulic et La Montagne Magique, Anca Damian revient avec une histoire plus colorée mais néanmoins émotionnelle autour du voyage de la chienne Marona. Au dernier Cartoon Movie, j’ai eu la chance de voir des séquences très prometteuses avec une esthétique chatoyante et extensible comme du chewing gum, un univers tout droit sorti d’un rêve d’enfant. Grosse attente en perspective !

Muriel

Ride Your Wave

Réalisé par Maasaki Yuasa
Hinako, une fille passionnée de surf, déménage dans une ville balnéaire. Lors d’un incendie, elle est sauvée par un pompier nommé Minato. De cet incident va naître une incroyable fusion entre deux êtres aux éléments contraires. Mais Minato meurt en surfant seul. Alors que tout le monde tente de surmonter sa peine, Hinako s’accroche à l’esprit de son ami, qui rejaillit dans sa vie sous forme d’eau.

Après Lou et l’île au sirènes, Maasaki Yuasa poursuit sa quête aquatique avec une histoire d’amour imbibée de feu et de larmes où son héroïne va devoir gérer son deuil. Les films de Yuasa arrivent à toucher juste tout en jouant sur les rythmiques psychédéliques de l’animation, l’impatience est bien là pour ce nouveau long métrage dont Nicolas vous a déjà parlé !

Muriel

Ternet Ninja

Réalisé par Anders Matthesen, Thorbjørn Christoffersen

Le jeune Alex reçoit en cadeau une poupée ninja de la part de son oncle de retour d’un voyage en Thaïlande. Rapidement, il découvre que le jouet est vivant et qu’il parle ! Ce petit ninja à carreaux lui vient en aide pour résoudre ses ennuis à l’école, mais il n’est pas là par hasard : il est venu pour prendre sa revanche et il compte sur Alex, qui va devoir l’aider, bien malgré lui.

On change de registre avec du pur divertissement en compagnie d’un garçon timide qui va résoudre ses problèmes grâce à une poupée ninja vivante. Avec son animation 3D assez générique, je dois avouer que je ne sais pas quoi en penser pour le moment. On peut toutefois espérer passer un moment assez agréable si le récit est bien construit.

Muriel

The Relative Worlds

Réalisé par Yuhei Sakuragi
Shin est un lycéen ordinaire qui vit à Tokyo. Un jour, il rencontre un garçon nommé Jin, parfaitement semblable à lui, qui prétend venir d’un autre monde. Selon Jin, un monde parallèle existe, où règne une princesse malfaisante, Kotoko. Jin s’est rendu à Tokyo pour tuer le double de Kotoko, qui se trouve être la meilleure amie de Shin, Kotori.

J’ai tout d’abord pensé à Polygon Pictures pour ce statisme avant de découvrir que ce film était l’oeuvre du studio Craftar, qui  réadapte ici l’original net animation éponyme avec une ligne narrative adaptée à un long-métrage. Yūhei Sakuragi occupe à la fois les postes de scénariste et réalisateur pour une histoire de mondes parallèles qui m’a fait penser au bis The One avec Jet Li.

Nicolas

https://www.youtube.com/watch?v=Gfq5O4G-GpM

Wonderland – Le royaume sans pluie

Réalisé par Keiichi Hara
Akane est une jeune fille timide, peu sûre d’elle. La veille de son anniversaire, elle se rend dans la boutique d’antiquités de sa tante pour y choisir un cadeau. Surgit soudain un homme très mystérieux : Hippocrate l’alchimiste. Il vient d’un autre monde, un monde menacé par une très grande sécheresse. Il pense qu’Akane est la déesse verte et qu’elle seule peut l’aider à sauver son pays.

Après Miss Hokusai, Keiichi Hara est de retour avec un style de film plus ouvertement fantastique, ce qui n’est pas inattendu de la part du réalisateur de Lettre à Momo, Colorful et Un été avec Coo. Ici secondé par le studio Signal MD (Hirune Hime – Rêves Eveillés), Hara se dirige vers la fable écologique qui a visiblement séduit le distributeur français Art House (Silent Voice) qui sortira Wonderland – Le royaume sans pluie le 24 juillet.

Nicolas

Fan de l’illustrateur russe Ilya Kuvshinov, je suis ravie et impatiente de retrouver son talent et sa poésie dans le design des personnages de cet animé aux allures acidulées !

France

White Snake

Réalisé par Kahong Wong
Une jeune femme nommée Blanca a été sauvée par un chasseur de serpents, Xuan. Mais elle a perdu la mémoire et elle est loin d’être hors de danger. Ensemble, ils partent à la recherche d’indices sur son identité. Tout au long du chemin, ils font face à de dangereux obstacles et développent progressivement des sentiments l’un pour l’autre. Alors qu’ils sont tout près de découvrir qui elle est vraiment, une catastrophe se profile.

Premier film plus adulte du studio Lightchaser (Tea Pets et Oscar et le monde des chats, tout deux présents hors compétition ces dernières années) White snake est à la fois une réinterprétation et un film d’origine au mythe chinois classique du serpent blanc ayant déjà engendré un certain nombre de métrages. Kahong Wong semble bénéficier de tous les avancées techniques développés par le studio de Gary Wang, ici seulement producteur de cette variation animée du Wu xia pian.

Nicolas

J’ai perdu mon corps

Réalisé par Jérémy Clapin

À Paris, la main tranchée d’un jeune homme s’échappe d’une salle de dissection, bien décidée à retrouver son corps. Au cours de sa cavale semée d’embûches à travers la ville, elle se remémore toute sa vie commune avec lui, jusqu’à sa rencontre avec Gabrielle.

L’un des artistes préférés de France présente son long-métrage à La semaine de la critique. Produit par Xilam, J’ai perdu mon corps sera distribué en France par Rezo Films après six ans de travail de la part de Clapin pour cette adaptation d’un livre de Guillaume Laurant, co-scénariste sur Amélie Poulain.

Nicolas

Les Hirondelles de Kaboul

Réalisé par Zabou Breitman et et Eléa Gobbe-Mevellec

Été 1998, Kaboul en ruines est occupée par les talibans. Mohsen et Zunaira sont jeunes, ils s’aiment profondément. En dépit de la violence et de la misère quotidienne, ils veulent croire en l’avenir. Un geste insensé de Mohsen va faire basculer leurs vies.

Réalisé par Zabou Breitman et Eléa Gobbe-Mevellec, prévu pour une sortie le 4 septembre via Memento films, cette adaptation du roman de Yasmina Khadra est passé par le Cartoon Movie en 2015 puis fut présenté en Work in Progress l’année dernière (je vous dirige d’ailleurs vers l’excellente interview des réalisatrices par Charline chez les confrères de Cheeky3D) au Festival International du Film d’animation d’Annecy. Après Funan sorti en ce début d’année, Les Hirondelles de Kaboul, lui aussi en sélection Un certain regard à Cannes s’occupera de la rentrée en matière de cinéma adulte et politique, en espérant un succès public plus large que le film de Denis Do, dont l’exploitation fut difficile…

Nicolas

One Comment

  1. Pingback: Une bande-annonce musicale pour « Kimi to, Nami ni Noretara », de Masaaki Yuasa - Little Big Animation

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *